Avant le gel

 

275780084101_aa_scmzzzzzzz_Poursuivons, si vous en êtes d’accord, notre étude des romans de Mankell. Voici l’un des plus récents, intitulé Avant le gel, et qui, pour la première fois, met en scène la fille du commissaire Wallander, Linda, plutôt que le héros récurrent lui-même.

Lisons le quatrième de couverture, qui en général résume mieux que je pourrai le faire l’intrigue : des animaux immolés par le feu, la tête et les mains d’une femme gisant près d’une bible aux pages griffonnées… Le commissaire Wallander est inquiet. Ces actes seraient-ils un prélude à des sacrifices humains de plus vaste envergure ? La propre fille de Wallander, impatiente d’entrer dans la police, se lance dans une enquête parallèle. Entraînée vers une secte fanatique résolue à punir le monde de ses péchés, elle va rapidement le regretter.

Mankell innove ici, en incluant dans l’intrigue la propre fille de Wallander, qui, de tapissière, a finalement choisi de rejoindre les rangs de la police suédoise, affectée qui plus est à Ystad, en Scanie, à l’extrémité sud du pays, région frontalière du Danemark. Bref, là où officie son père. Linda va mener une enquête parallèle, partant à la recherche de sa meilleure amie, Anna Westin, qui, étrangement, a disparu du jour au lendemain. A plusieurs reprises, notamment lorsqu’elle prend connaissance du journal intime de son amie, Linda trouve des indices qui, étrangement, recoupent pour partie le meutre sauvage d’une femme amoureuse de l’histoire des chemins suédois. Elle croise aussi des hurluberlus fanatisés par un gourou sectaire, mais qui, de prime abord, ne semblent pas bien méchants.

L’innovation majeure de Mankell, plus que l’entrée d’un nouveau personnage, qui anticipe la suite, c’est la double enquête du père et de la fille. Chacun de son côté va suivre ses intuitions, ne pas donner la totalité des informations à l’autre, tomber dans des embûches diverses, au final ne pas se faire entièrement confiance. Ce rapport père-fille sonne vrai, mélange d’amour et de révulsion, d’autorité paternelle et de rébellion juvénile. C’est cela la qualité premère de ce roman.

Par ailleurs, je dirai presque comme toujours, Mankell sait rendre comme personne l’atmosphère sombre, froide, pastorale et lente de la Suède profonde. Le tout au service d’une intrigue aux multiples rebondissements, l’une des plus charpentées de Mankell. On plonge dans le monde des sectes, des religions en carton-pâte, du sadisme envers les animaux et les hommes. Mankell nous expose, une fois de plus, les faiblesses de l’âme et de la condition humaine. Un excellent roman. A la différence de ma précédente chronique, je vous le conseille donc, celui-là.

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