Keeper of the Seven Keys


 

keeper-of-the-seven-keys-part-iiVoilà longtemps, je crois bien, que je n’ai abordé les questions musicales. C’est du reste un thème qui n’est pas très présent sur ce blog, bien qu’il constitue une part importante de ma vie (je parle vraiment à la première personne, mais c’est le principe du blog, non ?). Je voudrais donc évoquer brièvement un vieux souvenir des eighties, d’une époque où le commun des mortels, en France en tout cas, admirait Orchestral Manœuvres in the Dark (dont le maître-album vient d’ailleurs d’être réimprimé, avec une superbe plage DVD), adorait Depeche Mode, se pâmait devant U2, bavait en écoutant Indochine, dansait sur New Order. J’aime beaucoup, aujourd’hui, tous ces groupes, mais à l’époque, j’étais un rebelle, un vrai. Un dur, un tatoué. J’étais donc un hardos, ou, si vous préférez, un métalleux, pour prendre une formule plus contemporaine. Cheveux longs, cuir élimé aux manches, recouvert d’un blouson en jean aux manches déchirées, émaillé de divers badges (mon préféré : Dee Snyder, le chanteur glamisé au far trop prononcé de Twisted Sister), patches (dont le Ride the Lightning de Metallica) et autres dessins funesto-anarchistes, un pantalon beaucoup trop serré, voilà quel était ma soutane usuelle.
A cette époque, donc, mes références musicales s’appelaient incontestablement Iron Maiden, dans une moindre mesure Metallica, et loin derrière AC/DC, pour citer quelques noms parmi les plus connus. Le Heavy Metal était mon Walhalla, Saxon, Accept, Mötley Cruë, Skid Row, Manowar, Twisted Sister, W.A.S.P. ou Alice Cooper mes divinités, Kerrang!Metal HammerHard Force et Hard Rock Magazine mon pain quotidien.
Hormis tous ces groupes, il y en a au moins un autre que je me dois de citer, tant il m’a marqué. Si je devais faire le bilan des albums que j’ai le plus écouté, je crois que c’est l’un des albums de ce groupe qui remporterait la pole position. Il dépasse dans mon cœur et dans ma mémoire Somewhere in Time, de Maiden, Metal Heart, d’Accept, ou encore Operation Mindcrime, de Queensrÿche.
L’album auquel je fais allusion, c’est Keeper of the Seven Keys – part II. Le groupe, allemand, s’appelle Helloween.
Si vous ne connaissez pas ce groupe, il est temps d’aller faire un tour sur YouTube ou RadioBlog. Si vous ne connaissez pas cet album, courez vous le procurer.
Helloween, musicalement, c’est un peu du speed metal. Autrement dit, à l’instar de Somewhere in Time, du métal aussi rapide que du punk, et souvent structuré de la même manière, avec des refrains entêtants. Fast as A Shark d’Accept a sans doute été le premier avatar de ce nouveau style, sur l’album Restless and Wild, qui date de 1983 je crois. Helloween, c’était le groupe phare de Hambourg, comme les Scorpions étaient le groupe phare de Hanovre. Qui a au moins deux caractéristiques : l’excellence de la voix de son chanteur, Michael Weikath, qui monte très haut dans les aigus, un peu à la manière de Judas Priest, et la qualité des compositions du célèbre guitariste Kai Hansen.
Sur l’album Keeper of the Seven Keys – part II, Hansen et Weikath, aidés de Michael Kiske, réalisent un sans-faute. La qualité, mais aussi la variété des chansons, est au rendez-vous. Après une introduction intituléeInvitation, proche de la musique classique, et qui n’est pas sans rappeler l’introduction de Metal Heart, Weikath enchaîne sur l’un des meilleurs morceaux de l’album, Eagle Fly Free, qui porte bien son nom tant il est aérien. Un peu plus loin, on trouve Dr. Stein et We Got the Right. Je me souviens fort bien du premier de ces deux titres, j’avais même un T-shirt représentant une citrouille (évidemment, l’emblème incontournable de Helloween) à moustache, singeant Einstein. Je crois, au passage, que l’illustrateur de Helloween était un Français. Ceci montre aussi un trait particulier de ce groupe, qui n’a jamais hésité à faire preuve de beaucoup d’humour. Je me souviens du clip d’I Want Out (également présent sur cet album), où Michael avale un Kai courant dans un couloir d’hôpital et mort de rire. La pochette du single représentait d’ailleurs la citrouille pointant du doigt, à la manière de l’Oncle Sam, en s’écriant « I Want Out ! ». Il faut encore évoquer March of Time, morceau génial quoique assez proche je trouve de Eagle Fly Free, et bien sûr le titre éponyme, long de presque 14 minutes, au refrain inoubliable.
Je ne pourrai jamais compter le nombre de fois que j’ai pu écouter cet album. C’est un must absolu.
Du même groupe, je n’ai par ailleurs que le dispensable Pink Bubble Go Ape, et le best of intitulé joliment The Best, The Rest, The Rare. Et qui reprend bon nombre des titres que je viens de citer.
J’ignore ce que ce groupe est devenu aujourd’hui, même si je doute évidemment qu’il existe encore. Kai Hansen, en tout cas, est parti pour une carrière solo et un nouveau groupe, Gamma Ray. Je vous conseille de ce dernier l’album Powerplant, qui ressemble à s’y méprendre à du Helloween (un peu comme U.D.O. ressemble au vieil Accept), et qui comprend notamment une reprise décapante d’It’s a Sin des Pet Shop Boys. Je crois que c’est Derek Riggs, l’illustrateur attitré de Maiden dans les eighties, qui a réalisé l’excellente pochette de cet album.
J’adore parler de ce qui n’est pas, mais alors pas du tout à la mode ; je crois bien que là, en effet, j’ai réussi mon pari. La prochaine fois j’essaierai de vous parler de Queensrÿche, groupe lui aussi injustement méconnu en nos contrées.

Les Chiens de Riga


9782020638937fsJe voudrais vous parler brièvement d’un roman de Mankell qui s’intitule Les Chiens de Riga. Il s’agit bien sûr d’un épisode des aventures du désormais célèbre (au moins sur ce blog) commissaire Wallander. Mais ce roman a la particularité de se dérouler ailleurs qu’en Suède, et c’est, je crois bien, le seul de Mankell à subir un tel sort. Plus exactement, l’histoire débute en Scanie, donc en Suède, par la mystérieuse découverte d’un canot pneumatique échoué sur les côtes, avec à son bord deux macchabées trentenaires, sapés en Kenzo, et d’apparence étrangère. Nous sommes début 1989.

Les flics d’Ystad, dirigés pour l’enquête par Wallander, ne tarderont en effet pas à découvrir l’origine lettone des deux types, deux dealers yuppies de la mafia russe implantée dans les pays baltes. Tout semble donc correspondre à un parfait règlement de compte.

Pourtant, la police lettone choisit de dépêcher un commandant, Karlis Liepa, en Suède, pour prêter main forte aux policiers locaux dans l’élucidation de ce mystère. Tous feront choux blancs, si bien que le commandant Liepa retournera bien vite au pays.

Sitôt sorti de l’avion de l’Aeroflot ou presque, on le liquide. Etrange, non ?

Wallander est sollicité, à son tour, pour renforcer la police lettone dans l’élucidation de ce meurtre. Le meurtre d’un flic dans un pays communiste, c’est la peine de mort assurée.

C’est du moins le motif officiel avancé par le gouvernement letton. Sur place, il découvrira progressivement que la réalité est un peu différente…

Par ailleurs, Wallander subit un formidable choc des cultures, et ne comprend pas grand-chose au monde si particulier et plein d’espièglerie des pays communistes. Il en fera d’ailleurs les frais assez rapidement.

Je vous conseille vivement ce roman, rien moins que l’un des meilleurs de Mankell, et sans nul doute le plus original. Il fait partie de son top five sans forcer. Je vous souhaite donc une excellente lecture.