Dans les bois éternels

Dans les bois éternels, un roman noir de Fred Vargas

Il y a les positivistes, et les pelleteurs de nuages. Il y a ceux qui croient dur comme fer à la logique infaillible de la science, et il y a ceux qui se fient à leur intuition. Il y a ceux qui fondent les enquêtes policières sur des faits avérés, des déductions logiques, et il y a ceux qui font vagabonder leur esprit et leur imagination afin de comprendre ce qui s’est passé. Le commandant Danglard de la Criminelle est un excellent exemple de ces positivistes. Il y en a d’autres dans la brigade. Le commissaire Adamsberg, dont le nom n’a rien de suédois, il vient des montagnes Béarnaises et de la vallée de Pau, le village de Caldhez, est un pelleteur hors pair.

La brigade, composée de vingt-sept policiers, a pour mission d’enquêter à Paris sur les crimes commis par des individus.  Elle vient de recevoir le renfort du lieutenant Veyrenc, ou plutôt Veyrenc de Bilhc,  qui est lui aussi Béarnais, originaire de Laubazac, village très proche de Caldhez. Adamsberg ne saurait dire s’il est ravi ou inquiet de la présence d’un tel collègue, qui a deux particularités, et l’une provient de l’autre : il a été passé à tabac et laissé pour mort trente ans plus tôt, attaqué par des jeunes de Caldhez sans raison apparente ; il a une chevelure tigrée, mi-brune mi-rousse, qui lui donne un charme indéniable, qui ne laisse pas indifférent Camille, l’ex de Adamsberg.  Enfin, ce Veyrenc débite à longueur de journée des vers en douze pieds, de Racine ou de sa propre inspiration, comme d’autres descendent des canettes de bière. Rien de très rassurant.

La brigade a pour charge d’enquêter sur un double meurtre étrange commis porte de la Chapelle, deux truands dealers qui se sont fait trancher la gorge. La nature des entailles permet d’affirmer, selon la légiste, que le criminel est certainement une femme. D’environ 1,62 mètre. Qui cire ses chaussures en cuir bleu jusqu’aux semelles. Détail étrange et rare, qui s’explique par la volonté de ne pas être en contact avec le sol de ses crimes. Or il se trouve qu’une femme de soixante-quinze ans, condamnée à perpétuité il y a quelques années suite à une enquête menée par Adamsberg, s’est échappée d’une prison allemande en massacrant son gardien. Elle avait pour habitude de tuer les petits vieux, elle en avait trente-trois à son actif. Serait-ce elle qui commettrait ces nouveaux crimes ? Qui, par ailleurs, commandite des hommes de main pour déterrer des cadavres, à Montrouge comme en Haute-Normandie ? Qui laisse quelques infimes traces de cirage bleu près de ses crimes ?

Et quel rapport avec des massacres atroces de cerfs dans les forêts de cette même Normandie ?

Comme son voisin Lucio le disait un jour à Adamsberg, « Des fois, ça me gratte. Ça me gratte sur mon bras manquant, soixante-neuf ans plus tard. A un endroit bien précis, toujours le même, dit le vieux […]. Ma mère savait pourquoi : c’est la piqûre de l’araignée. Quand mon bras est parti, je n’avais pas fini de la gratter. Alors elle me démange toujours. […] C’est tout simple, c’est que le sentiment n’a pas fini sa vie. Et si on meurt avant d’avoir finir de vivre, c’est pareil. Les assassinés continuent à traîner dans le vide, des engeances qui viennent nous démanger sans cesse ».

Se pourrait-il que le commissaire Adamsberg coure après une ombre ?

Un excellent polar que celui-ci. Je vous le conseille vivement. Il m’a donné envie de lire les autres « rompols » de Fred Vargas.

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