Seiko Cocktail Time SARB065


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La Seiko SARB065 dite « cocktail time » est une montre plutôt habillée, au cadran soleillé bleuté du plus bel effet, qui dégage un charme et un classicisme unique. Cette montre est une belle illustration (une de plus) de la capacité du fabricant nippon à proposer des tocantes de grande qualité à prix contenu.

Le nom de baptême de cette montre, « Cocktail time », provient d’une collaboration entre Seiko et un barman maintes fois primé au plan international, Shinobu Ishigaki.

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Cette montre est donc livrée dans un boîtier en acier poli de 40mm avec une lunette fixe. Sa composition est d’un classicisme indubitable. Le verre hardlex bombé permet au cadran de prendre tout un tas de tonalités différentes.

Ce qui frappe immédiatement, c’est bien entendu ce cadran soleillé gris/bleu, qui est ainsi plus ou moins bleuâtre en fonction de l’inclinaison et de la lumière. C’est une totale réussite.

Le mouvement – automatique – est…

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Chronographe Seiko 6138-0030 Kakume


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Cela faisait un long moment que je cherchais une montre à cadran bleu, qui me convienne. Malheureusement, j’ai un a priori nettement négatif pour cette couleur, ses difficultés à la marier avec un bracelet adéquat, ou encore avec des vêtements noirs – je m’habille souvent en noir. Néanmoins, j’avais fait une première sélection de montres bleues, parmi lesquelles se trouvaient une Amphibia boîtier 120 néo-Dude, que j’aurais moddé avec un insert Dagaz batman, la Sumo de Seiko, ou encore – et ce modèle avait ma préférence – la HOF Watches Seashore Azure, en finition sablée ou encore DLC. Cette dernière montre est produite par Damien Koch, le sympathique et excellent fondateur de la marque HOF (Watch & Strap, Toulouse). Je vous conseille de vous renseigner, si vous ne la connaissez pas, sur cette marque très très prometteuse, et française.

seasho15 Toute la gamme des finitions de la HOF Seashore Azure.

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Herma Calypso, une plongeuse so 70s…


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Herma est une marque française, relativement peu connue, en tout cas bien moins que Lip ou encore Yema. La dénomination de cette marque renvoie-t-elle à l’hermaphrodite ? ou encore aux Herma grecs, qui sont des sortes de statues comprenant une tête et des épaules posées sur une colonne, de laquelle ne ressortent que les organes mâles ? Je l’ignore.

0007man-herma Un herma content.

Herma est une maison d’horlogerie familiale qui fêta son centenaire en 1981. C’est donc en 1881 que les Etablissements Pétolat Frères et Anguenot voient le jour, à Villers-le-Lac, créés notamment par Ulysse Anguenot. Villers-le-Lac jouxte Morteau et Le Locle, et est à quelques encablures de La-Chaux-de-Fonds, hauts lieux, très hauts lieux, de l’horlogerie suisse. La société s’appellera plus tard les Etablissements Anguenot Frères. Les Artisans du Doubs qui ont contribué à forger le tissu industriel du Haut Doubs ont acquis leur savoir-faire dans des établissements industriels qui ont…

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Seiko SKX 023 « MPT », mini plongeuse maxi qualité


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Je voudrais vous parler aujourd’hui d’une montre qui détonne par rapport au reste de ma collection. Non parce qu’il s’agit d’une plongeuse, j’en ai d’autres (parmi elles, ma préférence va nettement à une autre Seiko que celle dont il sera question dans ce billet, la Sumo SBDC005 dite « Sumor », la Sumo orange), non parce qu’il s’agit d’une montre de taille modeste, presque féminine, mais parce qu’elle m’a été offerte à l’occasion d’un concours fort sympathique organisé par le non moins sympathique forum « Montres pour tous« .

Ce concours consistait en la rédaction d’une revue sur la montre dont on a toujours rêvé, et suite à un vote des membres, la revue de la Speedmaster « Schumacher red scuderia » s’est détaché. Que celles et ceux qui ont voté pour moi soient une nouvelle fois cordialement remerciés.

_MG_5820.jpg La Seiko SKX023 fait partie de la célebrissime famille des SKX, qui regroupe une partie…

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Omega Speedmaster « Scuderia », F1 Racing Schumacher Red


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Retour aux sources

Les Speedmasters d’Omega sont des montres célébrissimes. Peut-être les plus connues, avec les Submariners de Rolex. Elles sont, dans l’esprit de tous ceux qui se sont une seule fois penchés sur l’horlogerie, indissociablement liées à la conquête spatiale et en particulier aux programmes de la NASA, ceux des vols habités vers et sur la Lune (Apollo, Gemini, …)

Nous allons néanmoins, dans cette revue, qui pourtant concerne bien une Speedmaster, rester très loin de la Lune et très terre à terre. Ou plutôt pneu à terre. Et, de la sorte, revenir aux sources de la Speedmaster.

Même se cela est méconnu, l’origine de la Speedmaster, c’est le monde de l’automobile et des sports mécaniques. C’est son ADN originel, aux côtés de la Rolex Daytona par exemple. A l’origine, pour son créateur Pierre Moinat, chef de la Création chez Omega, la Speedmaster était un chronographe sportif, solide (à l’époque, il était considérablement moins…

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Recherche « Intérêt général » désespérément


Le Blog de Nathalie MP

—->   Cet article a également été publié le lundi 12 octobre 2015 sur      Logo CP

Terrible révélation, ce week-end : je suis une « jouvencelle effarouchée » (page 8). A mon âge, c’est dramatique. J’ai consacré la matinée d’hier à la lecture du livre de Copeau Les rentiers de la gloire (*) qui, d’après son expérience directe, nous propose une anthropologie sombre et désabusée des élus assortie d’une galerie de cinq portraits, tous plus têtes à claques les uns que les autres. Lecture synthétique (excellent point) et passionnante, que je recommande, autant le dire tout de suite, à tous ceux qui s’interrogent sur la seule question qui vaille en politique, celle de la place de l’Etat. Et lecture amusante pour moi, car de page en page j’ai eu comme l’impression de me faire taper sur les doigts par le professeur Copeau pour mon penchant infantile à croire les « fariboles » sur « le…

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Les Rentiers en approche


61ulaOyBeBLLes Rentiers de la gloire – sortie le 21 septembre 2015

Mon opuscule est en approche !

Après 15 ans passés dans la fonction publique, l’auteur nous livre une anthropologie des élus dans leur milieu naturel.
Réfutant le mythe de l’intérêt général, il met à nu la réalité du pouvoir politique: un marché du privilège au service de mégalomanes capricieux. Son pamphlet, mené sur le ton de l’invective, de l’ironie et de l’humour, s’appuie sur les acquis de la théorie du choix public, sur la psychologie politique et sur la lecture des auteurs classiques.
Il conclut par une galerie de portraits, loin de l’habituel culte des « grands hommes »: de l’héritier, pantouflard de l’Assemblée nationale, au parvenu exalté, convaincu de changer le monde.

Diplômé de l’ENA et haut fonctionnaire, Copeau dénonce de l’intérieur un système qu’il ne connaît que trop bien. Depuis plus de 15 ans, il fréquente au quotidien les élus, locaux comme nationaux, et observe leurs stratégies, leurs caprices et leurs manies. Son pseudonyme est un clin d’oeil au héros libre et intransigeant du Bonheur insoutenable d’Ira Levin.

  • ISBN-13: 978-2251503066
  • Broché: 92 pages
  • Editeur : Les Belles Lettres; Édition : 1 (21 septembre 2015)
  • Collection : Les Insoumis

A acheter à partir du 21 septembre sur Amazon

Contre le droit au travail


61ndb67Qz4LAlexis de Tocqueville, Contre le droit au travail, préface de Pierre Bessard, Les Belles Lettres, à paraître le 14 septembre 2015.

Prononcé à l’Assemblée constituante le 12 septembre 1848 lors de la discussion sur l’adjonction d’un article ouvrant un « droit au travail » au projet de nouvelle constitution, ce discours retentissant demeurait jusqu’à présent enfoui dans la compilation des innombrables interventions du député Tocqueville au sein de ses Œuvres complètes : accompagné de ses éclairantes notes préparatoires, il est pour la première fois l’objet d’une publication spécifique. Ce texte révèle un Tocqueville inattendu, non plus le sociologue et historien mais un acteur profondément engagé dans les affrontements idéologico-politiques consécutifs à la Révolution de 1848 : un orateur et polémiste talentueux aussi peu « académique » et « modéré » que possible, proposant ici un condensé de sa philosophie politique.

C’est une contribution initiale et majeure à un débat de fond qui demeure d’actualité, où Tocqueville expose cursivement les raisons de son opposition tranchée au « droit au travail » et sa logique ; formules choc : son adoption ferait de l’Etat « le grand et unique organisateur du travail », « le maître et possesseur de chaque homme », le « propriétaire unique de chaque chose »… C’est aussi l’occasion de découvrir Tocqueville farouche adversaire du socialisme inspirant un tel droit ; autres formules choc : le socialisme est « une attaque directe contre la propriété et la liberté individuelles », « une nouvelle formule de la servitude humaine ».

Mon passage préféré est le suivant, une belle illustration des talents d’orateur de Tocqueville, dans un élan empli tout à la fois de spontanéité et de maîtrise :

Eh quoi messieurs, tout ce grand mouvement de la révolution française n’aurait abouti qu’à cette société que nous peignent avec délices les socialistes, à cette société réglementée, réglée, compassée, où l’État se charge de tout, où l’individu n’est rien, où la société agglomère en elle-même, résume en elle-même toute la force, toute la vie, où le but assigné à l’homme est uniquement le bien-être, cette société où l’air manque! où la lumière ne pénètre presque plus.

Et plus loin :

Non, messieurs, la démocratie et le socialisme ne sont pas solidaires l’un de l’autre. Ce sont choses non seulement différentes mais contraires. La démocratie donne toute sa valeur possible à chaque homme, le socialisme fait de chaque homme un agent, un instrument, un chiffre. La démocratie et le socialisme ne se tiennent que par un mot, l’égalité ; mais remarquez la différence : la démocratie veut l’égalité dans la liberté, et le socialisme veut l’égalité dans la gène et dans la servitude.

Le texte intégral du discours du 12 septembre 1848 est disponible ici.

Pierre Bessard est journaliste et président de l’Institut libéral suisse de Genève.

Les Belles Lettres, collection [Petite] Bibliothèque classique de la liberté, 13,50 €, 96 pages, ISBN 978-2251390604

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Maison Ikkoku


Une fois n’est pas coutume, alors que j’ai parlé jusqu’à présent de choses pour le moins diverses (musique, films, politique, littérature, horlogerie, et j’en passe), je n’avais jamais encore abordé la question des mangas et de la japanimation. Je corrige donc le tir et tente de combler ce vide avec le présent article. Il sera consacré à Maison Ikkoku (めぞん一刻, mezon ikkoku), qu’on appelle en France Juliette je t’aime. Autant préciser les choses tout de suite. C’est à mes yeux la meilleure série animée japonaise. Même la meilleure série animée tout court. Le manga est le meilleur de tous les mangas que j’ai lus. Et son auteur, la célèbre mangaka Rumiko Takahashi, la plus grande de toutes les mangaka. D’hier, d’aujourd’hui et vraisemblablement de demain. C’est dire si je place la barre haut. Et si j’ai perdu depuis longtemps toute forme d’objectivité lorsque je m’épanche sur Maison Ikkoku.

MI_09_06_25Il y en a sans doute qui ne connaissent pas. Je vais donc vous présenter dans un premier temps de quoi il s’agit, lorsqu’on parle de la Pension des mimosas (plus ou moins la traduction de Maison Ikkoku, ou Ikkoku-san).

Il s’agit d’un manga démarré en 1981. Oui, 1981, il y a presque 35 ans. Et qui s’est achevé en 1987. Il a été adapté par le studio Studio Deen, produit par Kitty Film, de 1986 à 1988. L’excellent character design a été assuré par la non moins excellente Akemi Takada (Creamy, Max et compagnie, Lamu…). Et il a été diffusé en France à compter du lundi 5 septembre 1988, sur TF1, tout le long de ses 96 épisodes. Notez donc que le succès de ce manga fut tel, que son adaptation en anime a démarré alors même que l’histoire du manga n’était pas achevée.

Maison Ikkoku raconte une histoire longue, complexe, exigeante. Et cette histoire est racontée pour l’essentiel, mais pas exclusivement, sous l’angle de Yusaku Godai (Hugo), un étudiant raté qui passe son temps à tenter de préparer ses concours d’entrée à l’université, et qui échoue à chaque fois. C’est un « Rōnin » comme on dit dans le Japon moderne. Il habite dans une pension de famille, chose déjà largement désuète au moment où ce manga a été écrit, et a comme voisins des locataires tous plus tarés les uns que les autres. Sa chambre est un lieu de fête et de persécution de cet étudiant raté. A telle enseigne qu’il n’en peut plus, et va quitter cette fameuse Pension des mimosas pour aller habiter dans un endroit plus tranquille.

Il s’apprête à franchir la porte de la pension, lorsqu’il tombe nez à nez avec Kyoko Otonashi (Juliette), dont il tombe immédiatement raide amoureux. Contre toute attente, car elle est bien jeune, c’est la nouvelle concierge de la pension. Godai ne veut plus, et ne voudra plus jamais, quitter Maison Ikkoku.

Mais rien n’est simple. Si deux ans seulement séparent Kyoko de Godai, Kyoko garde en elle une terrible mélancolie, on sent que cette jeune femme qui était jadis pleine de vie, n’est plus aujourd’hui qu’une personne perdue dans ses pensées. Son sourire timide cache une profonde tristesse. Car, malgré son jeune âge, elle est veuve. Elle n’a été mariée que six mois, avant que la mort n’emporte l’homme de sa vie, Soichiro Otonashi (Maxime). Non seulement elle est encore amoureuse de ce dernier, mais elle souhaite lui rester fidèle, et n’envisage absolument pas de refaire sa vie.

Godai l’aime de tout son cœur, mais comment se mesurer face à un spectre ? Il aura certes un rival, en la personne de Shun Mitaka (François), professeur de tennis BCBG et genre parfait, alors que lui, Godai, est aussi fauché que le blé de la fin de l’été. Mais son véritable rival, c’est Soichiro.

3796272796_95359e9a37_oPour compliquer le tout, ses voisins de la Pension (en particulier ce malade de Yotsuya (Stéphane), personnage non seulement bizarre, mais franchement chelou et pervers, ou encore Mme Ichinose (Pauline), commère plus ou moins malveillante) ne vont pas lui faciliter la tâche. Sans parler de ses propres prétendantes, Kozue (Suzanne, doublée par Catherine Laborde, oui, la miss météo de TF1 depuis une quinzaine d’années !) ou ultérieurement Ibuki (Clémentine, personnage clé selon moi bien que largement sous-estimé).

Je n’en dis pas plus sur l’histoire en tant que telle, je ne veux pas tout spolier non plus. Je me contenterai ici de quelques commentaires d’ordre général.

Tout d’abord, ce manga est le plus réaliste que je n’ai jamais connu. Il dépeint la société japonaise des années 80 de l’intérieur comme personne. A tel point que c’est difficile pour un non-japonais de s’approprier les multiples références présentes à l’écrit comme dans l’anime (les plats que les personnages mangent, les panneaux dans la rue, les codes, rites, symboles divers typiquement nippons). Il en ressort que des thèmes extrêmement sérieux et importants sont traités, parfois avec légèreté, parfois gravité : la place de la femme japonaise, le statut de veuve et son acceptation sociale, la vie étudiante et ses déboires dans cette mégapole absolue qu’est Tokyo, la précarité, la promiscuité, la carrière promise de salaryman que Godai, devenu nettement plus mature, parvient à éviter, l’indépendance recherchée par les principaux protagonistes, chacun à sa façon. Il y a énormément de justesse dans le propos, mais le ton n’est jamais ennuyeux bien au contraire, Rumiko Takahashi est même une maîtresse dans l’art de pratiquer le quiproquo, la situation absurde, le jeu de mot qui l’est tout autant, l’humour loufoque.

Maison_ikkoku_11Ensuite, ce manga et son anime dégagent quelque chose de spécial. Quelque chose qu’il est difficile de verbaliser. Un état d’esprit mélancolique, une sorte de spleen général, qui débouche pourtant sur une formidable joie de vivre in fine. Il est impossible de ne pas accrocher à Maison Ikkoku, de ne pas plonger dans cette histoire avec tous ces personnages. De ne pas avoir de l’empathie pour Godai, de l’amour pour Kyoko ou Ibuki, de la compassion pour Kozue, de l’admiration pour Soichiro. Le manga parvient, outre l’humour ou les thèmes sérieux évoqués ci-dessus, à faire passer aussi cet état d’esprit (fun’iki). Ce qui est un exploit dans ce genre de format. L’effet est du reste renforcé dans la version anime, qui joue comme jamais des pauses, des passages lents et langoureux, des scènes d’introspection, le tout illustré par une bande-son parfaite. Moi qui ai adoré d’autres animes auparavant (par exemple les Cités d’Or), la bande-son, les génériques (presqu’une vingtaine se sont succédés !), les détails innombrables de Maison Ikkoku écrasent absolument toute concurrence, quelle qu’elle soit. Jamais aucun autre anime n’a provoqué chez moi la sensation que j’ai eue en regardant il y a plus de 25 ans Maison Ikkoku. Et cette même sensation revient, intacte, à chaque fois que je revois ne serait-ce qu’un seul épisode de cette série culte.

Evidemment il y a le poids de la nostalgie, il joue à fond. Mais cet argument est un peu court. Revoir Maison Ikkoku avec des yeux d’adultes n’est pas stupide. Lire le manga après l’anime n’est pas stupide. Revoir les épisodes en VO plutôt qu’en VF, comprendre certains passages censurés à l’époque (Ah, les bitures à la limonade ! Ah, les scènes un poil trop osées, comme les revues érotiques que Godai cache dans sa chambre, le pseudo strip-tease de Kyoko, … !), n’est pas stupide. Car cette histoire n’est pas faite pour les enfants. C’est un seinen, un manga pour (jeune) adulte. La tranche d’âge visée par Takahashi était, grosso modo, les 16-30 ans. L’anime troque l’humour déjanté du manga pour un humour plus conventionnel, et vise un public un peu plus large, disons 14-30 ans. Alors que chez nous cet anime a été diffusé sur TF1 dans le Club Dorothée, qui, lui, visait un cœur de cible nettement plus jeune (disons, 8 à 12 ans). Ceci explique la censure. Mais aussi l’intérêt pour un adulte de se pencher dans cette histoire (et, pour le manga, d’aller au-delà du tome 5, qui marque une véritable rupture dans l’atmosphère de celui-ci). Le hiatus existe et perdure, il est agaçant pour le puriste. Mais il n’a bien évidemment rien de comparable avec Hokuto No Ken (Ken le Survivant), qui était destiné aux adultes, diffusé au Japon entre 23h30 et minuit, et qui n’avait rien, mais alors rien, à faire dans une émission pour enfants. Ceci nous a certes permis de bénéficier d’un doublage d’anthologie, mais donne aussi une idée claire sur la manière dont AB achetait n’importe quelle série japonaise sans même la visionner auparavant…

Surtout, Maison Ikkoku raconte au fil de cette longue histoire (qui s’étale sur 7 ans) ce qu’est véritablement l’amour. Comment il naît, comment le coup de foudre de Godai, garçon impétueux, irréfléchi, versatile, parvient à se transformer au fil de sa maturité en véritable amour. Cet amour que chacun rêverait de connaître un jour, bien qu’il soit largement inatteignable. Et parvenir à passer un tel message via une série animée, un manga, ou quelque autre support que ce soit d’ailleurs, est une gageure. Pourtant, ce défi a été parfaitement relevé ici.

Je n’ai pas grand chose à ajouter que ceci : si vous ne connaissez pas, ruez-vous sur l’anime, puis le manga. Si vous connaissez l’anime de vos jeunes années, regardez-le à nouveau, puis le manga. Si vous êtes fan de manga, et que vous ne connaissez pas Maison Ikkoku (impossible toutefois que vous n’ayez pas entendu parler de ce monument du romantisme…), et bien réparez vite cet oubli.

Je laisse le dernier mot à quelques fans, dont je partage totalement l’enthousiasme.

Niki écrit :

Cela est servie par une atmosphère unique crée par la convivialité de la pension de Mimosas, la grande pente devant la pension qui est le lieu le plus romantique de toute la japanimation, mais aussi par toutes les personnes que Hugo rencontrera durant son parcours, l’ivresse crée par les moments de joie ou de peine la mélancolie se dégageant du récit, l’ost tout simplement mémorable, enfin bref.

Difficile de décrire cette série, il y aurait tant à dire mais par peur de vous spoiler je m’arrêterais là, je n’ai qu’une chose a dire regardez-le diantre de merde, sans a priori débiles ou encore moins des attentes surfaites, et regardez-le en espérant que vous aurez le sourire béat tout le long de l’épisode et que vous riez aux éclats face à l’humour ravageur de la série, que vous ayez le cœur serré grâce au romantisme de la série, que vous preniez le même pied que j’ai pris hier a voir ces 15 épisodes.

un autre échange intéressant ici

vol5Vous pouvez également lire, sur la Mangathèque, le passage suivant :

Et la fin me direz-vous ? Pas de spoil, rassurez-vous… Sachez juste que la fin est superbe, émouvante, une vraie fin, une période se termine, une histoire se finit mais la vie continue, aucune frustration car aucun personnage n’est oublié… Evidemment, une fois tournée la dernière page, il est difficile d’accepter de quitter les joyeux pensionnaires de Maison Ikkoku, mais on garde inévitablement un grand sourire sur le visage, avec peut-être une petite larme à l’œil, ravi d’avoir pu suivre 7 ans dans la vie de ces hommes et de ces femmes, 7 ans de galères, d’erreurs, d’échecs, de réussites, de fausses joies, de bourdes, de maladresses mais surtout, 7 ans d’amour, de tendresse et d’humour…

Maison Ikkoku n’est ni mielleux, ni naïf, ni guimauve. Ici, ce sont des gens qui sont loin d’être parfaits, comme vous et moi, ancrés dans leur quotidien et qui apprennent à vivre ensemble et à trouver leur place. Maison Ikkoku, c’est l’histoire d’un amour qui se construit, qui se bâtit petit à petit, malgré les doutes, les peurs, les problèmes de communication, mis en scène avec pudeur, sensibilité, réalisme et un regard très adulte (mariage, maternité, mort, argent, chômage…). Maison Ikkoku est un manga à découvrir qui fait tour à tour rire et pleurer, à déguster page après page pour découvrir toutes les subtilités et les situations hilarantes dont les volumes sont truffés.

Sur le site kyoko.org, on peut lire ceci :

En étant le témoin de l’évolution de ses sentiments, de ses peurs, de ses hésitations du coeur, à partager ses joies, ses colères et ses peines, on ne peut que s’attacher à ce personnage si humain et j’ai fini par ressentir une profonde empathie avec ce que Rumiko Takahashi a essayé d’exprimer à travers ce personnage. Kyoko est très humaine et d’un naturel enjoué. Bien qu’elle n’ait pas toujours eu de la chance dans sa vie, elle a su rester chaleureuse.

Son seul défaut, jusque vers la fin de l’histoire, est de croire qu’il n’y a qu’une seule réponse aux problèmes de la vie. Mais elle saura changer pour enfin être heureuse…

En France, le manga a été édité par Tonkam dans une édition en dix tomes, mais celle-ci semble désormais épuisée.

71zALFufh5L._SL1200_Vous pouvez en revanche très facilement trouver le coffret DVD, en version intégrale non censurée, en VOST et en VF, avec les génériques originaux, les teasers… par exemple sur Amazon.

Enfin, un site de référence sur Kyoko Otonashi et Maison Ikkoku.