Omega Speedmaster 125


IMG_8104Je voudrais vous présenter aujourd’hui une montre qui me tient particulièrement à cœur. Elle fait partie de la série des Speedmaster d’Omega, la gamme de montres qui a équipé la NASA à l’occasion de l’ensemble de ses missions spatiales, les célèbres missions lunaires (Apollo, Gemini…) en particulier. C’est la Speedmaster « classique », dite Professional, ou encore « Moonwatch », qui remplit ce rôle. Mais Omega, flairant le bon coup, a depuis longtemps sorti tout un tas d’éditions spéciales, plus ou moins limitées, destinées à commémorer tel ou tel acte de bravoure spatial, tel événement lié à la conquête de l’espace, ou encore tel anniversaire particulier qui trouve à s’incarner dans l’iconique Speedmaster. La Speedmaster 125 relève de la dernière catégorie. Elle a été produite en 1973, à l’occasion des 125 ans de la prestigieuse manufacture fondée par la famille Brandt. Omega a choisi pour cette occasion de faire appel à son modèle phare entre tous, mais en le réinterprétant d’une manière typique des années 70. Il en ressort cette montre au boîtier improbable, au design unique, massif et cohérent, qui à la fois se distingue de toute Speedmaster ayant existé jusque-là ou à venir (y compris les spéciales « Mark » II, III, IV et V), et qui à la fois partage un ADN commun immédiatement identifiable avec ses consœurs. _MG_2921.jpg

Mais ne croyez pas que cette montre fut un succès. C’est au contraire l’un des plus cuisants échecs de la marque de Bienne. Seuls 2000 exemplaires furent produits, là où Omega produit en centaine de milliers des Mark II ou IV, des millions de Speedmaster Pro. Pourquoi il tel fiasco ? Impossible à dire, mais il s’agit peut-être de ce boitier si massif, spécial, unique, oversized pour l’époque (et encore très massif à l’aune des goûts actuels). C’est une montre qui peut fortement intimider, si j’ose dire. Au porté, elle ne convient clairement pas à tout le monde. Même une G-Shock sans concession passe mieux au poignet de beaucoup, que cette 125.

Cette montre est donc plutôt rare. Elle est aussi mythique, car il s’agit du tout premier chronographe (calibre 1041) à avoir bénéficié de la certification COSC (Contrôle Officiel Suisse des Chronomètres). Seules 3% des montres Suisses reçoivent ce certificat.

_MG_2950.jpgLe verre minéral comprend une échelle incorporée, sur le modèle typique des séries spéciales (Mark…), la plupart du temps une échelle tachymétrique. Le cadran comprend une particularité étonnante et qui contribue, à mes yeux, notablement à son charme : le logo appliqué, la marque, et le chiffre 125 sont une sorte de métal très sombre, presque noir. Noir sur noir, mais avec des reflets brillants sous certains angles, ce logo est une réussite totale et maîtrisée. Les connaisseurs savent que c’est une Omega, les autres doivent faire un effort particulier, tordre le cou par exemple, pour le découvrir. Le cadran comprend classiquement une petite seconde à 9h, comme sur toute Speedmaster, agrémenté ici d’un totalisateur 24h, une double aiguille du chronographe (la seconde du chronographe c’est la trotteuse « épée », la minute la trotteuse « avion »), et enfin un quantième à 3h. _MG_2968-Modifier-Modifier

Mon modèle a connu une existence tumultueuse. Achetée aux enchères, elle a été portée durant presque 40 ans par un général de l’Armée de Terre. Grand officier de la Légion d’honneur, son précédent propriétaire a été à l’origine de la création d’une unité d’élite de l’Armée. Je n’ai certes rien d’un grand militariste, et le mot est faible, mais connaître l’histoire de cette montre me rend comme débiteur d’une parcelle de celle-ci. Elle connaît à présent un quotidien d’une autre nature, certes, mais l’ADN de son ancien propriétaire, dans la mesure où je sais de qui il s’agit, vit encore à travers elle et à travers moi. Je ne suis pas prêt de me séparer de cette montre, qui est et reste pour l’instant « dans son jus ». Le cadran est parfait, la patine des index au tritium aussi. La lume des aiguilles a largement disparu. Enfin, cette montre tient l’heure sans la moindre difficulté et tutoie encore, 42 ans plus tard, le COSC, avec une aisance déconcertante.

Modèle  ST378.0801
IMG_8126.jpgCalibre Omega c.1041 Calibre de base Lemania 1341 Mouvement Automatique
Hauteur de boite 51mm Largeur sans couronne 42mm Largeur avec couronne 44.8mm Épaisseur de la boite 14.8mm Poids avec bracelet 183g   Série limitée à 2000 exemplaires.   IMG_8159.jpg

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Coluche et les Rolex du Cœur


Vous pensez tout connaitre de Coluche. Son humour, son talent indéniable, ses films, sa passion pour la vitesse et les motos. Mais saviez-vous qu’il était aussi un fin collectionneur de belles montres ?

Il y a 30 ans, Coluche fondait les Restos du coeur... une Cartier au poignet
Regardez attentivement la photo ci-dessus. Vous l’avez déjà vue tant de fois. Vous pensez à la campagne hivernale des Restos du Cœur qui démarre actuellement. A la musique de Jean-Jacques Goldman et aux Enfoirés.
Pourtant, il y a un détail qui vous a sans doute échappé. Coluche, sur cette photo les bras croisés, porte une magnifique Cartier Tortue. Une montre à 15 000 euros. Comme l’écrit le site BellesMontresOnline,

l’humoriste et acteur à l’origine de l’association, qui a servi 130 millions de repas lors de la saison 2013-2014, était un passionné d’horlogerie. À la ville comme sur scène, au cinéma comme à la télévision, il arborait souvent des modèles onéreux, dont le prix flirterait aujourd’hui avec les 100 000 euros.

 Je n’ai pas envie de commenter ici le talent de Coluche, en tant qu’humoriste, que cinéaste et qu’acteur, qui me parait indiscutable, quoiqu’un cran en dessous de Jean Yanne ou de Pierre Desproges. Il n’a pas volé, loin de là, l’argent qu’il a gagné durant sa vie, et jusqu’à la preuve du contraire il ne l’a extorqué à personne, à la différence des hommes de l’Etat. Bien sûr l’humoriste est critiquable, l’acteur plus ou moins bon (Tchao Pantin me parait des plus dispensables), et j’ai mieux apprécié ses écrits que ses spectacles. Pour autant, Coluche est un indéniablement un marqueur de la société française des années 70-80, et à ce titre marque encore de nos jours pleinement les esprits de nos contemporains. Je ne commenterai pas en tant que tel son goût pour les montres de luxe, que je partage avec lui, à défaut, pour ma part, d’avoir les moyens de me les acheter. Enfin, je ne ferai volontairement aucun lien entre ses goûts et son engagement humaniste qui prit la forme de la création des Restos du Coeur. Je laisse chacun se forger sa propre opinion sur le personnage, qui ira vraisemblablement de la critique du charity-business à la défense d’une oeuvre en faveur des plus démunis, comme Bill Gates par exemple peut le faire en Afrique.
Et puis quelqu’un qui a écrit des aphorismes d’anthologie tels que
Les fonctionnaires sont tellement habitués à ne rien faire que lorsqu’ils font grève, ils appellent ça une « journée d’action »
 ou encore :
La moitié des hommes politiques sont des bons à rien. Les autres sont prêts à tout.
mérite notre respect et notre gratitude.
Je me contenterai donc de souligner qu’à la faveur de ses passages médiatiques, du visionnage de scènes issues de ses films, de photos d’époque, il est possible de noter et de souligner le goût sûr et prononcé de Coluche pour les belles montres. Ce qui suffit – à mes yeux, je ne vous demande pas de partager mon point de vue –  à le rendre encore plus sympathique. Je remercie le site Belles Montres Online qui m’a fournit de nombreuses précisions sur ces itérations horlogères de Coluche, qui n’ont, au demeurant, pas vocation à être exhaustives.

La Rolex Submariner de Banzaï

Dans le film Banzaï, sorti en 1983, Coluche apparaît à l’écran avec au poignet une Rolex Submariner. Probablement une référence 1680 qui aujourd’hui se vend sur le second marché pour environ 6 000 euros. Symbole de l’horlogerie de luxe sport chic, la Submariner est réputée pour sa robustesse, sa précision et son look indémodable. Un classique horloger.

La Submariner, c’est LA montre de plongée ; celle qui a inventé les codes de cet incontournable de toutes les marques horlogères modernes, même si Rolex ne peut s’enorgueillir d’être le premier fabricant de montres de plongée. A la demande du Commandant Cousteau, c’est Blancpain et sa Fifty Fathoms qui lui dame le pion de quelques années.

La « Sub », c’est la montre mille fois imitée, jamais égalée ; les codes graphiques de celle-ci datent des années 1950, et sont désormais passés dans le domaine public. Il en ressort que de nombreuses marques, de qualité parfois, douteuses souvent (je pense par exemple à l’Ice Watch) s’inspirent – pour employer un doux euphémisme – de la Submariner. Peut-être la seule et unique montre que tout un chacun peut reconnaitre immédiatement au poignet de quelqu’un.

Une Marine quand il faut être sérieux

Ce n’est pas parce que Coluche nous faisait rire qu’il n’était pas pour autant une personne raffinée. Il ne faut donc pas s’étonner de le voir en costume trois-pièces, les cheveux bien coiffés avec au poignet une montre Breguet Marine d’une valeur de 8 000 euros. Entre son boîtier en or blanc et son cadran guilloché parcouru par des aiguilles bleuies, ce garde-temps est l’un des summums du raffinement horloger. Étonnant de le croiser au poignet de Coluche ? Pas vraiment.

Bréguet appartient de nos jours au Swatch Group. C’est l’une des marques les plus anciennes de l’histoire de l’horlogerie, fondée par Abraham Bréguet en 1775 à Paris – oui, j’ai bien écrit en 1775, ce qui laisse songeur au regard de la durée de vie des entreprises modernes, et qui fait de cette maison horlogère une contemporaine de la Déclaration des droits de Virginie, de la Déclaration d’Indépendance, et de la Richesse des Nations, rien que ça ! Bréguet reste de nos jours une marque parmi les plus réputées de l’horlogerie helvético-française. Les montres Breguet sont facilement reconnaissables à leur boîtier cannelé, le plus souvent en or, leur cadran finement guilloché ou émaillé et leurs aiguilles en acier bleui dont les pointes se terminent en pomme évidée. La quintessence du classicisme. Une valeur très très sûre, en effet, qui surprend chez Coluche mais qui est la preuve évidente d’un goût particulièrement avisé.

Une Daytona par passion

En bon passionné de vitesse, Coluche se devait de porter une montre de pilote lorsqu’il était au volant de sa Ford Fairlane, ou aux commandes d’un de ses bolides à deux roues. Quoi de mieux qu’une Rolex Daytona « Big Red », véritable Graal horloger aux yeux de bien des collectionneurs, rendue populaire depuis son apparition au poignet de l’acteur Paul Newman, dans le film Virages. Elle est surnommée « Panda » en raison de son cadran blanc et de ses compteurs noirs, et son charme agit sur n’importe quel amateur d’horlogerie sportive. Aujourd’hui, le modèle que portait Coluche s’arrache aux enchères pour environ 30 000 €.

Ah la Daytona « Cosmograph » Panda !  Créée par Rolex en 1963, c’est le premier chronographe de cette auguste maison. Il embarquait pendant longtemps le fameux El Primero de Zenith, avant que Rolex décide, enfin, de développement son mouvement maison. Que dire sur la Rolex Daytona baptisée « Paul Newman » par les collectionneurs ? C’est un chronographe cher, très cher même, et terriblement efficace. L’un des plus beaux (d’ailleurs, bien plus beau à mon avis que la Daytona contemporaine, qui sombre dans l’ornière bling-bling dans laquelle Rolex se trouve souvent à présent). L’un des plus fiables aussi. Seule la Speedmaster d’Omega, la « moonwatch », la montre des missions spatiales en général et lunaires en particulier, parvient à lui tenir la dragée haute. Et dans une moindre mesure, la El Primero déjà citée. La Daytona, c’est l’incarnation de la vitesse, des courses endiablées du circuit de Floride, de celles d’Indianapolis ou du Mans. Avant même que Tag Heuer ne truste ce créneau rémunérateur, sur lequel il s’est peu ou prou spécialisé depuis la célèbre Monaco portée par Steve McQueen.

De curieuses Audemars Piguet

En plus d’être humoriste, comédien, animateur radio, pilote de moto et fan d’automobile américaine, Coluche était un passionné de montres, un amateur averti, dont la collection renferme quelques modèles très pointus. On pense notamment à un chronographe Jules Audemars en or avec cadran en émail signé Audemars Piguet d’une valeur de 14 000 euros, ou encore à la pièce surprenante qu’il porte dans le film Le Maître d’école. Une Cartier Art Déco de 1945 livrée par Audemars Piguet. Une double signature et une provenance qui ont permis à cette montre rectangulaire d’apparaître aux enchères chez Antiquorum en avril 1992 à 25 000 francs suisses (soit environ 20 000 euros actuellement). Que sont devenues les montres préférées de la collection de Michel Colucci ? En tout cas, on ne les a pas encore croisées en ventes aux enchères.

Cet inventaire n’est sans doute pas exhaustif, et si parmi mes lecteurs certains peuvent m’aider à le compléter, c’est bien volontiers que j’amenderai ce billet.

Seiko SumOrange


Un blog est un lieu dans lequel on dépose tous ses centres d’intérêt, et ils sont en général nombreux. Je vous ai parlé à de nombreuses reprises littérature ou cinéma, voici désormais le temps de parler un peu d’horlogerie. Pas des montres à quartz, qui sont sans intérêt, mais bien d’horlogerie mécanique. C’est une passion qui peut surprendre ou laisser de marbre plus d’un, mais peu importe, moi ça me passionne et là est bien l’essentiel. Je vais donc tenter de vous convaincre de me suivre et de voir l’intérêt qu’il y a à regarder de près le monde des montres mécaniques, qui ne se limite pas du tout à la Suisse, comme une image d’Epinal classique pourrait le laisser entendre.

Je vais donc vous proposer des petites revues de mes montres. Et je vais, précisément, ne pas commencer par une suisse mais par une japonaise. De l’une des marques les plus connues, en l’espèce Seiko. Voici donc la Seiko Scuba SBDC005, dite « Sumo », de par ses dimensions, ou plus exactement SumOr ou SumOrange, par opposition à la SBDC001 (Sumo noire, dite « Blackmo ») et la SBDC003 (Sumo bleue, dite « Blumo »). Ces montres sont des icônes horlogers, et en particulier des montres de plongée, grande spécialité de Seiko même si toutes les marques ont à leur catalogue des montres capables de descendre sous l’eau, parfois un peu, parfois beaucoup.

Seiko Orange Bubble© kt88y60watches

La Seiko Sumo est un mythe car c’est une montre pas chère (environ 500€), robuste, fiable, dotée d’un mouvement réputé, et d’une grande polyvalence. Elle est apparue en 2007. Elle constitue l’une des « Big S » des plongeuses Seiko, qui comprend aussi la SKX (modèle de base, une centaine d’euros), la Samurai (au design anguleux très 80s, dont la production s’est arrêtée récemment), la Shogun (en titane, avec qui la Sumo partage le même mouvement), et enfin la MarineMaster 300 (plus haut de gamme, dont le mouvement vient de la SpingDrive, l’équivalent chez Seiko de marques très réputées comme Rolex, mais à un tarif tout de même 2,5 fois moins cher qu’une Submariner).

Ce qui frappe d’abord avec la Sumo, c’est son gabarit : 170 grammes, ce qui n’est pas rien, et un cadran de 45mm. Mais les cornes courtes et recourbées font que sur un poignet même moyen (disons 17 cm), la Sumo passe parfaitement. Evidemment, la Blackmo est la plus habillée, la Blumo la plus casual (et la plus vendue), quant à la SumOr, elle est réservée à ceux qui veulent vraiment plonger avec (le orange est la couleur la plus visible sous l’eau) et/ou qui veulent arborer une montre fun aux couleurs de l’été (ce qui est largement mon cas).

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La visibilité est l’une des meilleures que je connaisse ; cela provient d’une part des index, énormes points luminescents cerclés, et des aiguilles, aux formes particulières (je ne connais pas d’autre montre qui possède cette aiguille des heures) et agréables. On est loin des sub-likes qui pulluent un peu partout – et dont je parlerai sans doute une autre fois. De plus, Seiko pose sur ses montre une matière luminescente particulièrement efficace, le LumiBrite, qui ridiculise le suisse SuperLuminova, et qui est la meilleure alternative depuis l’abandon des matières radioactives, comme le Tritium, interdit en Europe et au Japon depuis une quinzaine d’années.

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La lunette, tournante unidirectionnelle, est classique pour une montre de plongée, les chiffres sont gras, ce qui colle parfaitement à l’esprit un peu « roots » de la Sumo. La couronne est décentrée à 4h, ce qui est très pratique. Elle est bien évidemment visée, car la Sumo est étanche jusqu’à 20 ATM. Il se dégage donc du cadran de la Sumo une sorte d’harmonie virile qui ne laisse pas indifférent. Comme l’écrit TheWatchObserver,

L’alternance des surfaces brossées et polies, les angles désormais plus marqués que sur les générations précédentes et les dimensions généreuses de la boîte apportent une esthétique contemporaine à une silhouette historique.

et plus loin :

L’ensemble cadran / aiguilles / lunette est pensé et construit pour une lecture intuitive de l’heure dans les conditions les plus difficiles.

L’indication des minutes est par exemple reportée sur un rehaut interne légèrement incliné.

Quant aux détails superflus qui pourraient être source de confusion, ils ont été éliminés – histoire que son propriétaire ne prenne pas l’aiguille des heures pour celle des minutes quand il est à
200 mètres de profondeur !

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On peut citer au passage deux particularités de la Sumo qui plaisent aux connaisseurs, en tout cas à moi !

– la lunette évasée à la forme originale et copiée, à ma connaissance, par personne

– la trotteuse en forme de seringue, clin d’oeil aux Seiko vintages

Le cadran est surmonté d’un verre hardlex, c’est-à-dire un verre durci, qui n’est donc ni un hésalite (sorte de plexiglas résistant), ni un verre saphir. C’est un classique de chez Seiko, que beaucoup considèrent d’ailleurs comme un de ses points faibles ; mais c’est aussi l’illustration du désir des Japonais de maîtriser de bout en bout l’ensemble de la chaîne de production de leurs montres, du boitier au mouvement, du design au verre. Sur la Mécanique des montres, on peut lire ceci au sujet du verre hardlex :

Le verre utilisé ici, très légèrement bombé, est un verre Hardlex, communément utilisé par Seiko. Il s’agit d’un verre minéral trempé, c’est-à-dire durci, produit par Seiko. Pour nombre d’amateurs de montres, ce type de verre est un défaut. Certes, il offre une très bonne résistance aux chocs, à l’inverse d’un verre saphir qui peut éclater en mille morceaux, mais sa résistance aux rayures est tout de même moindre (bien que très correcte). J’en ai eu la triste expérience lorsqu’à peine un mois après l’achat, une vilaine rayure de 3 mm est apparu à 6h sur le verre. Et à l’inverse de l’hésalite, le Hardlex est très difficile à polir (peut-être un peu moins que le saphir tout de même). Je me suis consolé en me disant que ma montre vivait et qu’elle ne pouvait rester à jamais neuve si je l’ai sans cesse au poignet, et je dois dire que je me suis presque attaché à cette rayure !

Le fond est vissé, comme sur toute vraie montre de plongée, et est surmonté d’une gravure représentant de manière imagée la célèbre vague d’Hokusai devant le mont Fuji. Je suis un peu critique à l’endroit de cette gravure, que je trouve quelconque, assez mal réalisée, et qui n’occupe qu’une partie (environ la moitié) de l’espace du fond. Seiko pourrait faire à mon avis beaucoup mieux !

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L’autre grande qualité de la Sumo, c’est son mouvement, le Seiko 6R15. Ce mouvement est réputé être le pendant nippon au célèbre ETA 2824-2 du puissant Swatch Group. Comme l’écrit la Mécanique des montres,

Il s’agit précisément du calibre 6R15B, B car il s’agit d’une version construite après octobre 2006, mutualisant 6 pièces (le pont de rouage, le barillet complet de mouvement, le pignon et la roue de centre, le rochet, la masse oscillante et la vis du rochet) avec le mouvement 6R20 (équipant des Seiko de la gamme Premier). Seiko avait fait ce choix en raison d’économies d’échelle et c’en est pas plus mal pour ce mouvement 6R15.

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Le calibre automatique 6R15 a succédé au légendaire 7S26 en 2007. Sa fréquence est de 21.600 alternances par heure.

Par rapport à son prédécesseur, il est maintenant agrémenté d’une fonction de remontage manuel et d’un stop seconde. Il possède aussi un dispositif de date rapide, extrêmement pratique. Il dispose d’une réserve de marche de 50 heures grâce au ressort en Spron 510, matériau breveté par Seiko et issu de la technologie Spring Drive.

Pour avoir plusieurs autres montres embarquant le 2824-2, je puis vous dire que le 6R15 de Seiko fait plus que supporter la comparaison ; il surpasse le mouvement suisse, est plus fiable, plus précis, dure légèrement plus longtemps. Seiko fait très fort avec ce mouvement, monté sur des montres qui coûtent parfois un quart ou un cinquième du prix de leurs équivalents suisses (par exemple, la – pourtant excellente – Tudor Heritage Black Bay)

Montée, par exemple, sur un NATO orange ou comprenant de l’orange, la SumOr est une montre réellement icônique et qui satisfera avec certitude tout amateur de montre un peu exclusive (le orange ne passe pas inaperçu et a longtemps été commercialisé au seul Japon), robuste et virile, et très lisible. Un verre de whisky nikka à la main, et vous voilà en situation idéale pour apprécier la Sumo.

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