Herma Calypso, une plongeuse so 70s…


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Herma est une marque française, relativement peu connue, en tout cas bien moins que Lip ou encore Yema. La dénomination de cette marque renvoie-t-elle à l’hermaphrodite ? ou encore aux Herma grecs, qui sont des sortes de statues comprenant une tête et des épaules posées sur une colonne, de laquelle ne ressortent que les organes mâles ? Je l’ignore.

0007man-herma Un herma content.

Herma est une maison d’horlogerie familiale qui fêta son centenaire en 1981. C’est donc en 1881 que les Etablissements Pétolat Frères et Anguenot voient le jour, à Villers-le-Lac, créés notamment par Ulysse Anguenot. Villers-le-Lac jouxte Morteau et Le Locle, et est à quelques encablures de La-Chaux-de-Fonds, hauts lieux, très hauts lieux, de l’horlogerie suisse. La société s’appellera plus tard les Etablissements Anguenot Frères. Les Artisans du Doubs qui ont contribué à forger le tissu industriel du Haut Doubs ont acquis leur savoir-faire dans des établissements industriels qui ont…

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Seiko SKX 023 « MPT », mini plongeuse maxi qualité


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Je voudrais vous parler aujourd’hui d’une montre qui détonne par rapport au reste de ma collection. Non parce qu’il s’agit d’une plongeuse, j’en ai d’autres (parmi elles, ma préférence va nettement à une autre Seiko que celle dont il sera question dans ce billet, la Sumo SBDC005 dite « Sumor », la Sumo orange), non parce qu’il s’agit d’une montre de taille modeste, presque féminine, mais parce qu’elle m’a été offerte à l’occasion d’un concours fort sympathique organisé par le non moins sympathique forum « Montres pour tous« .

Ce concours consistait en la rédaction d’une revue sur la montre dont on a toujours rêvé, et suite à un vote des membres, la revue de la Speedmaster « Schumacher red scuderia » s’est détaché. Que celles et ceux qui ont voté pour moi soient une nouvelle fois cordialement remerciés.

_MG_5820.jpg La Seiko SKX023 fait partie de la célebrissime famille des SKX, qui regroupe une partie…

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Omega Speedmaster « Scuderia », F1 Racing Schumacher Red


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Retour aux sources

Les Speedmasters d’Omega sont des montres célébrissimes. Peut-être les plus connues, avec les Submariners de Rolex. Elles sont, dans l’esprit de tous ceux qui se sont une seule fois penchés sur l’horlogerie, indissociablement liées à la conquête spatiale et en particulier aux programmes de la NASA, ceux des vols habités vers et sur la Lune (Apollo, Gemini, …)

Nous allons néanmoins, dans cette revue, qui pourtant concerne bien une Speedmaster, rester très loin de la Lune et très terre à terre. Ou plutôt pneu à terre. Et, de la sorte, revenir aux sources de la Speedmaster.

Même se cela est méconnu, l’origine de la Speedmaster, c’est le monde de l’automobile et des sports mécaniques. C’est son ADN originel, aux côtés de la Rolex Daytona par exemple. A l’origine, pour son créateur Pierre Moinat, chef de la Création chez Omega, la Speedmaster était un chronographe sportif, solide (à l’époque, il était considérablement moins…

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Recherche « Intérêt général » désespérément


Le Blog de Nathalie MP

—->   Cet article a également été publié le lundi 12 octobre 2015 sur      Logo CP

Terrible révélation, ce week-end : je suis une « jouvencelle effarouchée » (page 8). A mon âge, c’est dramatique. J’ai consacré la matinée d’hier à la lecture du livre de Copeau Les rentiers de la gloire (*) qui, d’après son expérience directe, nous propose une anthropologie sombre et désabusée des élus assortie d’une galerie de cinq portraits, tous plus têtes à claques les uns que les autres. Lecture synthétique (excellent point) et passionnante, que je recommande, autant le dire tout de suite, à tous ceux qui s’interrogent sur la seule question qui vaille en politique, celle de la place de l’Etat. Et lecture amusante pour moi, car de page en page j’ai eu comme l’impression de me faire taper sur les doigts par le professeur Copeau pour mon penchant infantile à croire les « fariboles » sur « le…

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Les Rentiers de la gloire, une interview de Copeau


Copeau, pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

Je voudrais avant toute chose apporter une précision de taille. Ce serait commettre une erreur que de croire que Copeau est le simple pseudonyme d’un individu qui se terre derrière l’identité empruntée à un héros d’Ira Levin, qui, dans Un Bonheur insoutenable, a brossé le portrait d’un être singulier qui s’est révolté contre la société martiale et liberticide de la dystopie qu’il imaginait. Copeau est plus la réincarnation dudit personnage qu’un simple pseudonyme. Il a, par conséquent, une vie propre, et celui ou parfois ceux qui l’animent, ne constituent qu’une fraction de cette identité. Et Copeau, donc, a, au sortir de sa scolarité, eu l’occasion de croiser, de travailler en grande proximité, avec divers élus nationaux comme locaux. Je devrais même ajouter avec des élus de tous bords ou presque.

Le titre du livre, Les Rentiers de la gloire, n’est pas un simple jeu de mots. C’est bien plus. Dans le splendide et magistral film de Stanley Kubrick décrit un monde militaire ultra hiérarchisé, inhumain, cauchemardesque, dans lequel le haut commandement de l’armée française est totalement aveugle et insensible aux conséquences humaines désastreuses de ses choix. Kirk Douglas, magnifique dans ce film sous les traits du colonel Dax, est un superbe héros de la liberté, lui aussi. Les rentiers de la gloire, ce sont ces élus, ceux que l’on appelle les « hommes politiques », et ils sont, eux aussi, assoiffés par leur propre ambition, aveuglés par leurs querelles de pouvoir, prêts à tous pour accéder au prestige et pour le conserver. Les élus d’aujourd’hui, ce sont les généraux Broulard et Mireau d’hier. Même apparat, même gloriole, même condescendance, même avidité, même inhumanité.

Et puis les élus sont les rentiers, au sens premier du terme, de leur élection. Un peu comme les Gremlins, ils passent volontiers du doux chaton qui amadoue les électeurs en campagne électorale à coup de promesses démagogiques, au monstre caractériel dopé à l’orgueil, aux prébendes, au clientélisme, et pour qui la réélection est non seulement une fin en soi, mais la seule et unique fin qui vaille.

Votre livre fustige les élus, qui sont selon vous des individus non seulement manipulateurs, mais aussi néfastes pour la société. Ne forcez-vous pas le trait pour convaincre vos lecteurs ? Ne sombrez-vous pas dans une sorte de caricature ?

Les Rentiers de la gloire est un opuscule qui s’adresse au grand public désireux de comprendre comment les élus fonctionnent. C’est un œuvre de vulgarisation, pas de recherche universitaire. Cet ouvrage ne vise pas à apporter de l’eau au moulin de ceux dont les convictions sont déjà bien établies, ce que j’appelle la « fraction poujadiste » de nos concitoyens.  Il y a de nombreux libéraux parmi les membres de cette fraction, et ils sont, en effet, bien convaincus du caractère néfaste des élus.

Les autres, l’écrasante majorité des individus, ceux qui votent, ceux qui s’abstiennent aussi, ont une image plutôt voire très positive des élus. Bien évidemment, cette image fluctue, elle est parfois ternie, par tel ou tel scandale. Mais, globalement, les élus restent des gens que l’on respecte, parfois que l’on admire. Ils sont un peu les délégués de classe ou les boy-scouts de l’âge mûr. La philosophie politique, depuis le Contrat social au moins, fait de l’élu l’artisan de l’intérêt général, le représentant désintéressé du peuple, le mandataire altruiste.

Mon propos consiste à retourner, comme une crêpe, ces certitudes infondées. A soulever le couvercle pour montrer ce que sont vraiment les élus. Comme le disait déjà l’immense Jean-Louis Guez de Balzac, dans son éloge satirique et désopilant de Louis XIII, intitulé Le Prince, « il y a toujours eu, dans les cours, des idoles et des idolâtres ». On pourrait désormais rajouter : et aussi pas mal d’idiots. Voyez plutôt : l’intérêt général est un artifice, une faribole destinée à endormir les enfants pendant les longues soirées d’hiver. D’une part, l’homme ne s’aliène nullement au corps social lorsqu’il rentre en société ; il est un tout incontestable, qui ne peut être envisagé comme une partie d’une communauté non homogène. L’homme devient un être social non pas en sacrifiant ses propres intérêts à un Moloch mythique appelé Société, mais en cherchant à améliorer son propre bien-être. D’autre part, l’état de nature fantasmé par Rousseau est insensé ; l’homme n’a jamais été un être solitaire ; son essence est, au contraire, toujours sociale. Il naît en société et n’a donc pas à s’y aliéner par rapport à un état de nature imaginaire – il n’y a aucune souveraineté d’un ensemble d’individus sur un individu unique. Le bien public n’existe pas, le « tout » est un mythe – peu importe qu’il s’agisse d’une race, d’une classe ou d’un État.

Les politiciens, par essence interventionnistes car il faut bien qu’ils justifient leur existence, prennent prétexte de l’intérêt général pour justifier leur action, ce qui leur permet d’attenter impunément à la liberté et à la propriété d’autrui.

Comment qualifieriez-vous les élus et leurs modes de fonctionnement ?

Ce qui fonde l’action des élus, ce n’est en rien l’intérêt soi-disant général, mais la nécessité pour eux de plaire aux électeurs et d’assurer leur réélection. La politique est un marché comme un autre, dans lequel les producteurs s’appellent les hommes politiques, et les acheteurs les électeurs. Contre les votes des seconds, les premiers échangent des promesses d’interventions publiques en leur faveur (subventions, niches fiscales, mesures lobbyistes diverses…). Les politiciens ne peuvent pas faire autrement que de s’inscrire dans cette compétition pour le pouvoir, sinon ils ne seraient pas politiciens longtemps.

Démagogue et élu sont deux synonymes. « L’élu prêche des doctrines qu’il sait être fausses à des gens qu’il sait être des idiots », selon le mot mordant de Mencken.

Au service des élus, il y a le pouvoir d’Etat (à entendre au sens large, gouvernement, collectivités, organismes collectivistes divers). Cet Etat, c’est l’« organisation de la voie politique », admirablement théorisé par l’immense Oppenheimer ; c’est la systématisation du processus prédateur sur un territoire donné. L’État fournit un canal légal, ordonné et systématique, pour la prédation de la propriété privée ; il rend certaine, sécurisée et relativement « paisible » la vie de la caste parasitaire de la société.

Ajoutons un autre aspect : il n’est pas rare de présenter les élus comme des parangons de vertu. Toute la littérature politique ou presque porte les élus aux nues. Diverses icônes incarnent dans l’imaginaire collectif la vertu en politique : Gambetta, Clemenceau, Mendès France, peut-être même Badinter de nos jours. Ces figures ont la particularité d’être à la fois bobo-compatibles et aussi, en quelque sorte, des rock stars du prêt-à-penser consensualiste. Mais la « vertu », au sens des auteurs classiques (qu’il s’agisse d’Aristote ou qu’il s’agisse de Machiavel), n’a pas du tout le sens que l’on donne à ce mot aujourd’hui. Elle en est même l’exacte opposée. La vertu politique au sens classique est une habileté, un écran de fumée, une ruse, une roublardise. Elle relève plus du bagout de la vendeuse de fanfreluches que de la droiture ascète du hussard noir de la République.

Tout homme politique promet à ses électeurs le bonheur, comme la prostituée promet à ses clients l’amour. Les scrupules et la grandeur, voilà bien deux notions incompatibles. Les élus ont fait leur choix. De surcroît, les élus sont de parfaites girouettes. Non contents de promettre aux électeurs ce qu’ils veulent entendre, ils baignent aussi dans un océan permanent de contradictions. Comme le disait le cardinal de Retz dans ses Mémoires, « il faut souvent changer d’opinion pour être toujours de son parti ». Enfin, les élus n’hésitent pas un instant à mentir de manière éhontée. Le cas de Jérôme Cahuzac en fournit un exemple récent, mais il est très loin d’être exceptionnel.

George Bernard Shaw disait avec raison que « les hommes politiques et les couches des bébés doivent être changés souvent… et pour les mêmes raisons ». Un bon politicien est aussi impensable qu’un cambrioleur honnête.

Vous faites également appel, pour appuyer votre propos, à une discipline méconnue, la psychologie politique. De quoi s’agit-il et en quoi celle-ci peut être mise au service de votre démonstration ?

Cette discipline méconnue est née aux États-Unis en 1942, lorsque des psychologues ont tenté de dessiner le profil d’Adolf Hitler. Au XIXe siècle, cette discipline fait encore les beaux jours des consultants des services secrets. Elle conjugue une analyse du discours spontané (en particulier les interviews) à une analyse des expressions faciales et des gestes, et enfin exploite les questionnaires et entretiens des proches et des adversaires de chaque cible « profilée ».

Je passe donc en revue plusieurs qualités psychologiques dont les élus sont affublés dans l’esprit du grand public : l’infaillibilité, la volonté de changer le monde, une responsabilité morale et une intelligence qu’ils mettraient au service du plus grand nombre. Chacun de ces mythes est déconstruit méthodiquement.

Il est pour le moins paradoxal que des individus qui ne brillent ni par leur infaillibilité, ni par leur droiture morale, ni même par leur intellect et leur capacité d’analyse, aient néanmoins la prétention, comme Sauron, de nous gouverner tous. Il est vrai que la politique est le seul métier qui se passe d’apprentissage, puisque les fautes en sont supportées par d’autres que par ceux qui les ont commises.

La dernière partie de l’ouvrage s’intitule « Un voyage inattendu », et met en scène des portraits d’élus dans leur biotope. Quelle a été votre ambition en brossant ces différents tableaux ?

Pour bien saisir le mécanisme mental d’un élu, rien de mieux que de se placer dans la peau de celui-ci durant quelques instants. D’endosser le costume sombre du prédicateur de supermarché. À l’instar des Caractères, ou les Mœurs de ce siècle, l’immense ouvrage de La Bruyère, j’ai tenté de dessiner un portrait des élus d’après nature, comme on dit. Et tout comme pour son inspirateur, les élus décrits ici sont des idéaux-types au sens de Max Weber, autrement des personnages certes fictifs mais qui sont représentatifs de ce que les politiciens sont « en vrai ». Ce bestiaire cherche à faire réfléchir, plutôt qu’à pointer du doigt tel ou tel.

Nous vivons dans des régimes démocratiques. Ne peut-on pas considérer que ces défauts que vous mettez en exergue sont en quelque sorte les dommages collatéraux de la démocratie, qu’il faut en « passer par là » pour préserver nos libertés ?

Je crois au contraire qu’il est nécessaire de se protéger de l’influence néfaste des élus. Le problème central que pose la politique est que des gens décident à notre place, avec notre argent, de sujets qui ne les concernent pas (ou qui, prétendent-ils, concernent « tout le monde »). Les politiciens et leurs agents (les fonctionnaires, hommes de cette machine qui s’appelle l’État) se substituent à la société civile dans toutes les tâches qu’ils prennent en charge – sauf dans certaines tâches prédatrices, nuisibles ou inutiles (taxation, douanes…).

La politique est le principe selon lequel les hommes de l’État ont le « droit » d’imposer à tous leur volonté. La politique, c’est l’art de créer des problèmes qui donneront aux hommes de l’État l’occasion de se faire passer pour des gens utiles, en prétendant résoudre ou pallier les inconvénients qu’ils ont eux-mêmes créés.

Or, par définition, quand l’un en impose à l’autre, le premier exerce son joug sur le second ; la politique est donc par définition la loi du plus fort, et l’antithèse de la liberté. Les politiciens cherchent à changer l’identité du plus fort, pas le fait que le plus fort fasse sa loi.

Il faut, au contraire, reconnaître à chacun une sphère qui lui est propre, où nul autre n’a le droit de lui imposer sa volonté, et qui s’étendra ou se rétrécira selon l’exercice responsable de sa liberté. « Aussi longtemps que les arguments en faveur de la liberté individuelle n’auront pas conquis les esprits, la démocratie restera un moyen très efficace d’étendre indéfiniment les activités de l’État », dit le lumineux Pascal Salin. Nous ne cherchons pas de bons maîtres, ni à être nous-mêmes de bons maîtres.

Nous ne voulons simplement pas d’esclaves.
Les Rentiers de la gloire, à acheter sur Amazon

Les Rentiers en approche


61ulaOyBeBLLes Rentiers de la gloire – sortie le 21 septembre 2015

Mon opuscule est en approche !

Après 15 ans passés dans la fonction publique, l’auteur nous livre une anthropologie des élus dans leur milieu naturel.
Réfutant le mythe de l’intérêt général, il met à nu la réalité du pouvoir politique: un marché du privilège au service de mégalomanes capricieux. Son pamphlet, mené sur le ton de l’invective, de l’ironie et de l’humour, s’appuie sur les acquis de la théorie du choix public, sur la psychologie politique et sur la lecture des auteurs classiques.
Il conclut par une galerie de portraits, loin de l’habituel culte des « grands hommes »: de l’héritier, pantouflard de l’Assemblée nationale, au parvenu exalté, convaincu de changer le monde.

Diplômé de l’ENA et haut fonctionnaire, Copeau dénonce de l’intérieur un système qu’il ne connaît que trop bien. Depuis plus de 15 ans, il fréquente au quotidien les élus, locaux comme nationaux, et observe leurs stratégies, leurs caprices et leurs manies. Son pseudonyme est un clin d’oeil au héros libre et intransigeant du Bonheur insoutenable d’Ira Levin.

  • ISBN-13: 978-2251503066
  • Broché: 92 pages
  • Editeur : Les Belles Lettres; Édition : 1 (21 septembre 2015)
  • Collection : Les Insoumis

A acheter à partir du 21 septembre sur Amazon

Contre le droit au travail


61ndb67Qz4LAlexis de Tocqueville, Contre le droit au travail, préface de Pierre Bessard, Les Belles Lettres, à paraître le 14 septembre 2015.

Prononcé à l’Assemblée constituante le 12 septembre 1848 lors de la discussion sur l’adjonction d’un article ouvrant un « droit au travail » au projet de nouvelle constitution, ce discours retentissant demeurait jusqu’à présent enfoui dans la compilation des innombrables interventions du député Tocqueville au sein de ses Œuvres complètes : accompagné de ses éclairantes notes préparatoires, il est pour la première fois l’objet d’une publication spécifique. Ce texte révèle un Tocqueville inattendu, non plus le sociologue et historien mais un acteur profondément engagé dans les affrontements idéologico-politiques consécutifs à la Révolution de 1848 : un orateur et polémiste talentueux aussi peu « académique » et « modéré » que possible, proposant ici un condensé de sa philosophie politique.

C’est une contribution initiale et majeure à un débat de fond qui demeure d’actualité, où Tocqueville expose cursivement les raisons de son opposition tranchée au « droit au travail » et sa logique ; formules choc : son adoption ferait de l’Etat « le grand et unique organisateur du travail », « le maître et possesseur de chaque homme », le « propriétaire unique de chaque chose »… C’est aussi l’occasion de découvrir Tocqueville farouche adversaire du socialisme inspirant un tel droit ; autres formules choc : le socialisme est « une attaque directe contre la propriété et la liberté individuelles », « une nouvelle formule de la servitude humaine ».

Mon passage préféré est le suivant, une belle illustration des talents d’orateur de Tocqueville, dans un élan empli tout à la fois de spontanéité et de maîtrise :

Eh quoi messieurs, tout ce grand mouvement de la révolution française n’aurait abouti qu’à cette société que nous peignent avec délices les socialistes, à cette société réglementée, réglée, compassée, où l’État se charge de tout, où l’individu n’est rien, où la société agglomère en elle-même, résume en elle-même toute la force, toute la vie, où le but assigné à l’homme est uniquement le bien-être, cette société où l’air manque! où la lumière ne pénètre presque plus.

Et plus loin :

Non, messieurs, la démocratie et le socialisme ne sont pas solidaires l’un de l’autre. Ce sont choses non seulement différentes mais contraires. La démocratie donne toute sa valeur possible à chaque homme, le socialisme fait de chaque homme un agent, un instrument, un chiffre. La démocratie et le socialisme ne se tiennent que par un mot, l’égalité ; mais remarquez la différence : la démocratie veut l’égalité dans la liberté, et le socialisme veut l’égalité dans la gène et dans la servitude.

Le texte intégral du discours du 12 septembre 1848 est disponible ici.

Pierre Bessard est journaliste et président de l’Institut libéral suisse de Genève.

Les Belles Lettres, collection [Petite] Bibliothèque classique de la liberté, 13,50 €, 96 pages, ISBN 978-2251390604

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Maison Ikkoku


Une fois n’est pas coutume, alors que j’ai parlé jusqu’à présent de choses pour le moins diverses (musique, films, politique, littérature, horlogerie, et j’en passe), je n’avais jamais encore abordé la question des mangas et de la japanimation. Je corrige donc le tir et tente de combler ce vide avec le présent article. Il sera consacré à Maison Ikkoku (めぞん一刻, mezon ikkoku), qu’on appelle en France Juliette je t’aime. Autant préciser les choses tout de suite. C’est à mes yeux la meilleure série animée japonaise. Même la meilleure série animée tout court. Le manga est le meilleur de tous les mangas que j’ai lus. Et son auteur, la célèbre mangaka Rumiko Takahashi, la plus grande de toutes les mangaka. D’hier, d’aujourd’hui et vraisemblablement de demain. C’est dire si je place la barre haut. Et si j’ai perdu depuis longtemps toute forme d’objectivité lorsque je m’épanche sur Maison Ikkoku.

MI_09_06_25Il y en a sans doute qui ne connaissent pas. Je vais donc vous présenter dans un premier temps de quoi il s’agit, lorsqu’on parle de la Pension des mimosas (plus ou moins la traduction de Maison Ikkoku, ou Ikkoku-san).

Il s’agit d’un manga démarré en 1981. Oui, 1981, il y a presque 35 ans. Et qui s’est achevé en 1987. Il a été adapté par le studio Studio Deen, produit par Kitty Film, de 1986 à 1988. L’excellent character design a été assuré par la non moins excellente Akemi Takada (Creamy, Max et compagnie, Lamu…). Et il a été diffusé en France à compter du lundi 5 septembre 1988, sur TF1, tout le long de ses 96 épisodes. Notez donc que le succès de ce manga fut tel, que son adaptation en anime a démarré alors même que l’histoire du manga n’était pas achevée.

Maison Ikkoku raconte une histoire longue, complexe, exigeante. Et cette histoire est racontée pour l’essentiel, mais pas exclusivement, sous l’angle de Yusaku Godai (Hugo), un étudiant raté qui passe son temps à tenter de préparer ses concours d’entrée à l’université, et qui échoue à chaque fois. C’est un « Rōnin » comme on dit dans le Japon moderne. Il habite dans une pension de famille, chose déjà largement désuète au moment où ce manga a été écrit, et a comme voisins des locataires tous plus tarés les uns que les autres. Sa chambre est un lieu de fête et de persécution de cet étudiant raté. A telle enseigne qu’il n’en peut plus, et va quitter cette fameuse Pension des mimosas pour aller habiter dans un endroit plus tranquille.

Il s’apprête à franchir la porte de la pension, lorsqu’il tombe nez à nez avec Kyoko Otonashi (Juliette), dont il tombe immédiatement raide amoureux. Contre toute attente, car elle est bien jeune, c’est la nouvelle concierge de la pension. Godai ne veut plus, et ne voudra plus jamais, quitter Maison Ikkoku.

Mais rien n’est simple. Si deux ans seulement séparent Kyoko de Godai, Kyoko garde en elle une terrible mélancolie, on sent que cette jeune femme qui était jadis pleine de vie, n’est plus aujourd’hui qu’une personne perdue dans ses pensées. Son sourire timide cache une profonde tristesse. Car, malgré son jeune âge, elle est veuve. Elle n’a été mariée que six mois, avant que la mort n’emporte l’homme de sa vie, Soichiro Otonashi (Maxime). Non seulement elle est encore amoureuse de ce dernier, mais elle souhaite lui rester fidèle, et n’envisage absolument pas de refaire sa vie.

Godai l’aime de tout son cœur, mais comment se mesurer face à un spectre ? Il aura certes un rival, en la personne de Shun Mitaka (François), professeur de tennis BCBG et genre parfait, alors que lui, Godai, est aussi fauché que le blé de la fin de l’été. Mais son véritable rival, c’est Soichiro.

3796272796_95359e9a37_oPour compliquer le tout, ses voisins de la Pension (en particulier ce malade de Yotsuya (Stéphane), personnage non seulement bizarre, mais franchement chelou et pervers, ou encore Mme Ichinose (Pauline), commère plus ou moins malveillante) ne vont pas lui faciliter la tâche. Sans parler de ses propres prétendantes, Kozue (Suzanne, doublée par Catherine Laborde, oui, la miss météo de TF1 depuis une quinzaine d’années !) ou ultérieurement Ibuki (Clémentine, personnage clé selon moi bien que largement sous-estimé).

Je n’en dis pas plus sur l’histoire en tant que telle, je ne veux pas tout spolier non plus. Je me contenterai ici de quelques commentaires d’ordre général.

Tout d’abord, ce manga est le plus réaliste que je n’ai jamais connu. Il dépeint la société japonaise des années 80 de l’intérieur comme personne. A tel point que c’est difficile pour un non-japonais de s’approprier les multiples références présentes à l’écrit comme dans l’anime (les plats que les personnages mangent, les panneaux dans la rue, les codes, rites, symboles divers typiquement nippons). Il en ressort que des thèmes extrêmement sérieux et importants sont traités, parfois avec légèreté, parfois gravité : la place de la femme japonaise, le statut de veuve et son acceptation sociale, la vie étudiante et ses déboires dans cette mégapole absolue qu’est Tokyo, la précarité, la promiscuité, la carrière promise de salaryman que Godai, devenu nettement plus mature, parvient à éviter, l’indépendance recherchée par les principaux protagonistes, chacun à sa façon. Il y a énormément de justesse dans le propos, mais le ton n’est jamais ennuyeux bien au contraire, Rumiko Takahashi est même une maîtresse dans l’art de pratiquer le quiproquo, la situation absurde, le jeu de mot qui l’est tout autant, l’humour loufoque.

Maison_ikkoku_11Ensuite, ce manga et son anime dégagent quelque chose de spécial. Quelque chose qu’il est difficile de verbaliser. Un état d’esprit mélancolique, une sorte de spleen général, qui débouche pourtant sur une formidable joie de vivre in fine. Il est impossible de ne pas accrocher à Maison Ikkoku, de ne pas plonger dans cette histoire avec tous ces personnages. De ne pas avoir de l’empathie pour Godai, de l’amour pour Kyoko ou Ibuki, de la compassion pour Kozue, de l’admiration pour Soichiro. Le manga parvient, outre l’humour ou les thèmes sérieux évoqués ci-dessus, à faire passer aussi cet état d’esprit (fun’iki). Ce qui est un exploit dans ce genre de format. L’effet est du reste renforcé dans la version anime, qui joue comme jamais des pauses, des passages lents et langoureux, des scènes d’introspection, le tout illustré par une bande-son parfaite. Moi qui ai adoré d’autres animes auparavant (par exemple les Cités d’Or), la bande-son, les génériques (presqu’une vingtaine se sont succédés !), les détails innombrables de Maison Ikkoku écrasent absolument toute concurrence, quelle qu’elle soit. Jamais aucun autre anime n’a provoqué chez moi la sensation que j’ai eue en regardant il y a plus de 25 ans Maison Ikkoku. Et cette même sensation revient, intacte, à chaque fois que je revois ne serait-ce qu’un seul épisode de cette série culte.

Evidemment il y a le poids de la nostalgie, il joue à fond. Mais cet argument est un peu court. Revoir Maison Ikkoku avec des yeux d’adultes n’est pas stupide. Lire le manga après l’anime n’est pas stupide. Revoir les épisodes en VO plutôt qu’en VF, comprendre certains passages censurés à l’époque (Ah, les bitures à la limonade ! Ah, les scènes un poil trop osées, comme les revues érotiques que Godai cache dans sa chambre, le pseudo strip-tease de Kyoko, … !), n’est pas stupide. Car cette histoire n’est pas faite pour les enfants. C’est un seinen, un manga pour (jeune) adulte. La tranche d’âge visée par Takahashi était, grosso modo, les 16-30 ans. L’anime troque l’humour déjanté du manga pour un humour plus conventionnel, et vise un public un peu plus large, disons 14-30 ans. Alors que chez nous cet anime a été diffusé sur TF1 dans le Club Dorothée, qui, lui, visait un cœur de cible nettement plus jeune (disons, 8 à 12 ans). Ceci explique la censure. Mais aussi l’intérêt pour un adulte de se pencher dans cette histoire (et, pour le manga, d’aller au-delà du tome 5, qui marque une véritable rupture dans l’atmosphère de celui-ci). Le hiatus existe et perdure, il est agaçant pour le puriste. Mais il n’a bien évidemment rien de comparable avec Hokuto No Ken (Ken le Survivant), qui était destiné aux adultes, diffusé au Japon entre 23h30 et minuit, et qui n’avait rien, mais alors rien, à faire dans une émission pour enfants. Ceci nous a certes permis de bénéficier d’un doublage d’anthologie, mais donne aussi une idée claire sur la manière dont AB achetait n’importe quelle série japonaise sans même la visionner auparavant…

Surtout, Maison Ikkoku raconte au fil de cette longue histoire (qui s’étale sur 7 ans) ce qu’est véritablement l’amour. Comment il naît, comment le coup de foudre de Godai, garçon impétueux, irréfléchi, versatile, parvient à se transformer au fil de sa maturité en véritable amour. Cet amour que chacun rêverait de connaître un jour, bien qu’il soit largement inatteignable. Et parvenir à passer un tel message via une série animée, un manga, ou quelque autre support que ce soit d’ailleurs, est une gageure. Pourtant, ce défi a été parfaitement relevé ici.

Je n’ai pas grand chose à ajouter que ceci : si vous ne connaissez pas, ruez-vous sur l’anime, puis le manga. Si vous connaissez l’anime de vos jeunes années, regardez-le à nouveau, puis le manga. Si vous êtes fan de manga, et que vous ne connaissez pas Maison Ikkoku (impossible toutefois que vous n’ayez pas entendu parler de ce monument du romantisme…), et bien réparez vite cet oubli.

Je laisse le dernier mot à quelques fans, dont je partage totalement l’enthousiasme.

Niki écrit :

Cela est servie par une atmosphère unique crée par la convivialité de la pension de Mimosas, la grande pente devant la pension qui est le lieu le plus romantique de toute la japanimation, mais aussi par toutes les personnes que Hugo rencontrera durant son parcours, l’ivresse crée par les moments de joie ou de peine la mélancolie se dégageant du récit, l’ost tout simplement mémorable, enfin bref.

Difficile de décrire cette série, il y aurait tant à dire mais par peur de vous spoiler je m’arrêterais là, je n’ai qu’une chose a dire regardez-le diantre de merde, sans a priori débiles ou encore moins des attentes surfaites, et regardez-le en espérant que vous aurez le sourire béat tout le long de l’épisode et que vous riez aux éclats face à l’humour ravageur de la série, que vous ayez le cœur serré grâce au romantisme de la série, que vous preniez le même pied que j’ai pris hier a voir ces 15 épisodes.

un autre échange intéressant ici

vol5Vous pouvez également lire, sur la Mangathèque, le passage suivant :

Et la fin me direz-vous ? Pas de spoil, rassurez-vous… Sachez juste que la fin est superbe, émouvante, une vraie fin, une période se termine, une histoire se finit mais la vie continue, aucune frustration car aucun personnage n’est oublié… Evidemment, une fois tournée la dernière page, il est difficile d’accepter de quitter les joyeux pensionnaires de Maison Ikkoku, mais on garde inévitablement un grand sourire sur le visage, avec peut-être une petite larme à l’œil, ravi d’avoir pu suivre 7 ans dans la vie de ces hommes et de ces femmes, 7 ans de galères, d’erreurs, d’échecs, de réussites, de fausses joies, de bourdes, de maladresses mais surtout, 7 ans d’amour, de tendresse et d’humour…

Maison Ikkoku n’est ni mielleux, ni naïf, ni guimauve. Ici, ce sont des gens qui sont loin d’être parfaits, comme vous et moi, ancrés dans leur quotidien et qui apprennent à vivre ensemble et à trouver leur place. Maison Ikkoku, c’est l’histoire d’un amour qui se construit, qui se bâtit petit à petit, malgré les doutes, les peurs, les problèmes de communication, mis en scène avec pudeur, sensibilité, réalisme et un regard très adulte (mariage, maternité, mort, argent, chômage…). Maison Ikkoku est un manga à découvrir qui fait tour à tour rire et pleurer, à déguster page après page pour découvrir toutes les subtilités et les situations hilarantes dont les volumes sont truffés.

Sur le site kyoko.org, on peut lire ceci :

En étant le témoin de l’évolution de ses sentiments, de ses peurs, de ses hésitations du coeur, à partager ses joies, ses colères et ses peines, on ne peut que s’attacher à ce personnage si humain et j’ai fini par ressentir une profonde empathie avec ce que Rumiko Takahashi a essayé d’exprimer à travers ce personnage. Kyoko est très humaine et d’un naturel enjoué. Bien qu’elle n’ait pas toujours eu de la chance dans sa vie, elle a su rester chaleureuse.

Son seul défaut, jusque vers la fin de l’histoire, est de croire qu’il n’y a qu’une seule réponse aux problèmes de la vie. Mais elle saura changer pour enfin être heureuse…

En France, le manga a été édité par Tonkam dans une édition en dix tomes, mais celle-ci semble désormais épuisée.

71zALFufh5L._SL1200_Vous pouvez en revanche très facilement trouver le coffret DVD, en version intégrale non censurée, en VOST et en VF, avec les génériques originaux, les teasers… par exemple sur Amazon.

Enfin, un site de référence sur Kyoko Otonashi et Maison Ikkoku.

Omega Speedmaster 125


IMG_8104Je voudrais vous présenter aujourd’hui une montre qui me tient particulièrement à cœur. Elle fait partie de la série des Speedmaster d’Omega, la gamme de montres qui a équipé la NASA à l’occasion de l’ensemble de ses missions spatiales, les célèbres missions lunaires (Apollo, Gemini…) en particulier. C’est la Speedmaster « classique », dite Professional, ou encore « Moonwatch », qui remplit ce rôle. Mais Omega, flairant le bon coup, a depuis longtemps sorti tout un tas d’éditions spéciales, plus ou moins limitées, destinées à commémorer tel ou tel acte de bravoure spatial, tel événement lié à la conquête de l’espace, ou encore tel anniversaire particulier qui trouve à s’incarner dans l’iconique Speedmaster. La Speedmaster 125 relève de la dernière catégorie. Elle a été produite en 1973, à l’occasion des 125 ans de la prestigieuse manufacture fondée par la famille Brandt. Omega a choisi pour cette occasion de faire appel à son modèle phare entre tous, mais en le réinterprétant d’une manière typique des années 70. Il en ressort cette montre au boîtier improbable, au design unique, massif et cohérent, qui à la fois se distingue de toute Speedmaster ayant existé jusque-là ou à venir (y compris les spéciales « Mark » II, III, IV et V), et qui à la fois partage un ADN commun immédiatement identifiable avec ses consœurs. _MG_2921.jpg

Mais ne croyez pas que cette montre fut un succès. C’est au contraire l’un des plus cuisants échecs de la marque de Bienne. Seuls 2000 exemplaires furent produits, là où Omega produit en centaine de milliers des Mark II ou IV, des millions de Speedmaster Pro. Pourquoi il tel fiasco ? Impossible à dire, mais il s’agit peut-être de ce boitier si massif, spécial, unique, oversized pour l’époque (et encore très massif à l’aune des goûts actuels). C’est une montre qui peut fortement intimider, si j’ose dire. Au porté, elle ne convient clairement pas à tout le monde. Même une G-Shock sans concession passe mieux au poignet de beaucoup, que cette 125.

Cette montre est donc plutôt rare. Elle est aussi mythique, car il s’agit du tout premier chronographe (calibre 1041) à avoir bénéficié de la certification COSC (Contrôle Officiel Suisse des Chronomètres). Seules 3% des montres Suisses reçoivent ce certificat.

_MG_2950.jpgLe verre minéral comprend une échelle incorporée, sur le modèle typique des séries spéciales (Mark…), la plupart du temps une échelle tachymétrique. Le cadran comprend une particularité étonnante et qui contribue, à mes yeux, notablement à son charme : le logo appliqué, la marque, et le chiffre 125 sont une sorte de métal très sombre, presque noir. Noir sur noir, mais avec des reflets brillants sous certains angles, ce logo est une réussite totale et maîtrisée. Les connaisseurs savent que c’est une Omega, les autres doivent faire un effort particulier, tordre le cou par exemple, pour le découvrir. Le cadran comprend classiquement une petite seconde à 9h, comme sur toute Speedmaster, agrémenté ici d’un totalisateur 24h, une double aiguille du chronographe (la seconde du chronographe c’est la trotteuse « épée », la minute la trotteuse « avion »), et enfin un quantième à 3h. _MG_2968-Modifier-Modifier

Mon modèle a connu une existence tumultueuse. Achetée aux enchères, elle a été portée durant presque 40 ans par un général de l’Armée de Terre. Grand officier de la Légion d’honneur, son précédent propriétaire a été à l’origine de la création d’une unité d’élite de l’Armée. Je n’ai certes rien d’un grand militariste, et le mot est faible, mais connaître l’histoire de cette montre me rend comme débiteur d’une parcelle de celle-ci. Elle connaît à présent un quotidien d’une autre nature, certes, mais l’ADN de son ancien propriétaire, dans la mesure où je sais de qui il s’agit, vit encore à travers elle et à travers moi. Je ne suis pas prêt de me séparer de cette montre, qui est et reste pour l’instant « dans son jus ». Le cadran est parfait, la patine des index au tritium aussi. La lume des aiguilles a largement disparu. Enfin, cette montre tient l’heure sans la moindre difficulté et tutoie encore, 42 ans plus tard, le COSC, avec une aisance déconcertante.

Modèle  ST378.0801
IMG_8126.jpgCalibre Omega c.1041 Calibre de base Lemania 1341 Mouvement Automatique
Hauteur de boite 51mm Largeur sans couronne 42mm Largeur avec couronne 44.8mm Épaisseur de la boite 14.8mm Poids avec bracelet 183g   Série limitée à 2000 exemplaires.   IMG_8159.jpg

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Charlie Hebdo, liberté d’expression et islamisme radical


100309122_oEvidemment, tout a déjà été dit ou presque au sujet de la tragédie de Charlie Hebdo. Il est difficile de sortir de cette gueule de bois et de se poser devant son clavier pour écrire quoi que ce soit de pertinent. Je n’aurai donc pas cette prétention. Je souhaite simplement faire part de quelques réflexions, et vous renvoie par ailleurs et surtout vers le site Contrepoints qui contient de nombreuses références indispensables. Je ne peux bien évidemment que m’associer à la douleur des proches des victimes, et plus généralement de tous ceux pour qui la liberté de la presse est une valeur cardinale, et de tous ceux qui, comme moi, aimaient beaucoup le génie hilarant et provocateur de Charlie.

Ma première remarque, emboîtant le pas à l’ami Patrick Smets, c’est que la liberté d’expression est la mère de toutes les libertés. La liberté de la presse n’en est que sa déclinaison contemporaine. John Milton, Pierre Bayle et d’autres ont montré avec brio qu’aucune liberté ne saurait exister dès lors que la liberté d’expression n’est pas assurée. Seules les dictatures, islamistes ou autres, ne respectent pas la liberté d’expression. Comme l’écrivait Spinoza :

« Il est évident que les lois concernant les opinions menacent non les criminels, mais les hommes de caractère indépendant, qu’elles sont faites moins pour contenir les méchants que pour irriter les plus honnêtes, et qu’elles ne peuvent être maintenues en conséquence sans grand danger pour l’État»

La liberté d’expression est ce qui distingue un régime libéral d’un autre ; elle est la traduction concrète de la liberté d’opinion, que personne ne peut empêcher, pas même une tyrannie. Mais qui n’est qu’un ensemble vide si n’est pas assurée la liberté d’exprimer ses opinions.

Ma deuxième remarque est exprimée de manière magistrale par Patrick, je me permets donc de le citer longuement :

La liberté d’expression n’est pas seulement un droit individuel. Elle participe aussi à l’enrichissement du débat public et les atteintes à cette liberté réduisent la capacité des gens à réfléchir. Les idées n’apparaissent pas par hasard, mais parce qu’elles semblent porteuses d’une part de vérité pour ceux qui y adhèrent. C’est à travers le débat que cette part de vérité va être appréciée, soupesée, affinée, réinterprétée ou abandonnée. Dans un régime démocratique, les citoyens ont le droit et le devoir  d’effectuer individuellement ce travail de réflexion critique. Et si d’aventure émerge une théorie abjecte ou imbécile, il faut encore démonter le mécanisme par lequel elle se pare de l’apparence de la vérité. Il faut montrer en quoi cette théorie est erronée et aider les gens à comprendre ce qui fait la différence entre une idée vraie et une idée fausse.

L’intérêt de la liberté d’expression, c’est que tout idée nouvelle, déviante, originale, à contre-courant, puisse apparaître dans le champ du débat intellectuel. Et cette idée nouvelle peut être stupide comme brillante ; encore faut-il démontrer qu’elle est l’un ou l’autre. Le débat permis par la liberté d’expression permet d’infirmer ou de valider les idées qui apparaissent, et enrichissent ainsi collectivement la société.

Troisième remarque : Au-delà de la seule liberté d’expression, c’est aussi un esprit libertaire qui est mort le 7 janvier dernier. 2015 marque la fin de mai 68. Charlie Hebdo est l’illustration même de l’esprit de libération né des années de plomb du régime gaulliste. Et surtout, le rêve de toute une génération d’un monde plus libre, plus tolérant, quitte à se dresser contre toute coercition de manière « bête et méchante », comme Charlie savait si génialement le faire. En cela, Wolinski, Cabu, Charb et les autres étaient des maîtres et nous devons continuer à nous en inspirer. Personne, aucune dogme, aucune idéologie, aucune idée, ne relève du sacré. Il n’y a aucune exception à cette règle. C’est notre modèle de société qui en dépend.

Quatrième remarque : quelle est la véritable nature de cet attentat ? Est-ce un « simple » crime horrible, comme l’écrit Guy Sorman ? Un acte de fanatiques religieux, qui cherchent à venger le prophète ? Un acte politique, de la part de gens qui refusent la laïcité, la séparation du pouvoir religieux et de la société ? Evidemment, un peu tout cela à la fois. Vraisemblablement un acte religieux, de la part des frères Kouachi, qui cherchent à prolonger en France un djihad déjà éprouvé au Moyen-Orient. N’en déplaise à ceux qui prétendent qu’ils n’ont rien à voir avec les musulmans, c’est bien au nom d’Allah et de Mahomet qu’ils ont tué. Mais il est vrai aussi qu’en s’attaquant à un symbole de la liberté d’expression, et en attaquant la France en son cœur, leur acte est aussi (et surtout) un acte politique. Qui fait écho aussi bien aux appels au meurtre d’occidentaux lancés par Daesh, qu’à la volonté de créer un califat en Irak et en Syrie. Et ne traiter que le volet « terroriste » de cet événement tragique ne résout rien à ce dernier aspect, qui est bien plus complexe à traiter.

La question est d’éradiquer l’islamisme radical partout dans le monde, pas juste chez nous. De forcer l’islam a rentrer dans la seule sphère privée de laquelle il n’aurait jamais dû sortir. A l’heure où j’écris ces lignes, une prise d’otages à lieu dans une imprimerie. J’ai peur pour les otages. Mais encore plus peur pour les victimes de demain des fous d’Allah, si jamais nous ne faisons rien.

Il faudra enfin non pas restreindre nos libertés, mais au contraire les développer encore. C’est la meilleure réponse possible aux islamistes. Il ne faut jamais leur céder, car sinon c’est leur donner raison. Il est étonnant que certains partisans autoproclamés de la liberté d’expression aient une opinion quelque peu différente. Comment peut-on prétendre, comme certains sur Twitter, que Charlie Hebdo l’aurait bien cherché ? Comment des dessins peuvent-ils justifier de tels actes ? Qui peut sérieusement considérer que des dessins sont une provocation insupportable ?

A ces derniers, je dédie donc le dessin suivant.

charlie-hebdo-incendie

 


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