L’Homme du lac


L’Homme du lac est un roman de l’Islandais Arnaldur Indridason. Le commissaire Erlendur, spécialiste des enquêtes liées aux disparitions, va devoir découvrir pourquoi, un beau jour de printemps, un squelette datant d’il y a trente ans a été retrouvé au fond du lac de Kleifarvatn.  Squelette qui plus est non « ordinaire », si tant est que ce mot ait un sens pour un squelette. Son crâne est fendu d’une importante entaille verticale, témoignage d’une mort violente. Un marteau ? Un autre objet contondant ? Nul ne le sait. Enfin, le squelette était lesté à un appareil de transmission dont les lettres étaient effacées. Mais quelques lettres restent plus ou moins lisibles. C’est de l’alphabet cyrillique. Un appareil de transmission soviétique en Islande ? Pour quoi faire ? Il n’y a jamais eu d’espionnage, quel qu’il soit, en Islande, d’après le gouvernement du pays comme d’après les sources policières.

Erlendur va devoir enquêter sur les disparitions des années soixante. De Ford Falcon en ambassades, cette quête le mènera jusqu’à se pencher sur le passé d’étudiants communistes islandais des années cinquante, partis, sous les bons auspices du Parti, étudier à l’université de Leipzig, en RDA. Et qui en sont revenus, comment dire, changés. Les meilleures recrues du Parti socialiste islandais, les dirigeants de demain, une fois revenus de RDA ont abandonné tout engagement politique.

Arnaldur Indridason a deux particularités. Tout d’abord il est Islandais, et nous fait découvrir le pays des fjords et des geysers par essence fort méconnu sous nos latitudes. Le polar suédois (Henning Mankell, Stieg Larsson) est devenu un mainstream incontournable, qui nous permet de mieux connaître la social-démocratie suédoise de Stockholm (où se déroule l’intrigue principale de Millenium) comme celle de Scanie (Sud du pays, qui abrite les enquêtes de Kurt Wallander).  Nous connaissons en revanche bien plus mal la petite île nordique, ni scandinave ni européenne, qu’est l’Islande. Ce petit coin de terre peu habité, rural et pauvre jadis, urbain et relativement opulent de nos jours. L’autre particularité d’Indridason, c’est le sens qu’il donne à ses romans. L’enquête policière n’est chez lui qu’une sorte de prétexte à une réflexion souvent féroce sur la société islandaise, ses dérives et ses travers. Plus qu’à un travail de romancier, Indridason fait référence à un travail de sociologue, d’historien et de journaliste. Qu’est-ce que l’engagement ? Quels étaient les idéaux des jeunes communistes des années cinquante ? Que faisait la Stasi en RDA à cette époque (et plus tard, voir par exemple La Vie des autres) ? Quelle attitude a eu la police politique face aux étudiants qui sympathisaient avec ce qui deviendra l’invasion de Budapest par les chars soviétiques en 1956 ? Face aux sympathisants de ce qui sera le Printemps de Prague ? Y a-t-il eu ou non un espionnage croisé (pour le compte de l’URSS / pour celui des Etats-Unis) en Islande, comme un peu partout ailleurs dans le monde ? Quels en étaient les enjeux ?

Au final, L’Homme du lac parle d’une histoire d’amour. Avorté.  Entre un jeune idéaliste islandais, Tomas, espoir du Parti socialiste, et une militante hongroise, Ilona, qui tient un discours nettement plus en faveur du respect des libertés individuelles, et en particulier de la liberté d’expression. Tout était fait pour les unir, excepté la Stasi, et son bras séculier au sein de l’université, Lothar. Excepté aussi la géniale invention dictatoriale de la surveillance réciproque, qui faisait que chaque citoyen de RDA se devait de dénoncer n’importe laquelle de ses connaissances suspecte de non-alignement avec la doctrine officielle du Parti. Un enfant devait dénoncer ses parents, une femme son mari, un étudiant son prof.

Une époque étrange, injustement peu décriée en France, qui ne vaut pas mieux que les pires moments du nazisme. C’est de cela dont parle le roman d’Indridason.

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Dans les bois éternels


Dans les bois éternels, un roman noir de Fred Vargas

Il y a les positivistes, et les pelleteurs de nuages. Il y a ceux qui croient dur comme fer à la logique infaillible de la science, et il y a ceux qui se fient à leur intuition. Il y a ceux qui fondent les enquêtes policières sur des faits avérés, des déductions logiques, et il y a ceux qui font vagabonder leur esprit et leur imagination afin de comprendre ce qui s’est passé. Le commandant Danglard de la Criminelle est un excellent exemple de ces positivistes. Il y en a d’autres dans la brigade. Le commissaire Adamsberg, dont le nom n’a rien de suédois, il vient des montagnes Béarnaises et de la vallée de Pau, le village de Caldhez, est un pelleteur hors pair.

La brigade, composée de vingt-sept policiers, a pour mission d’enquêter à Paris sur les crimes commis par des individus.  Elle vient de recevoir le renfort du lieutenant Veyrenc, ou plutôt Veyrenc de Bilhc,  qui est lui aussi Béarnais, originaire de Laubazac, village très proche de Caldhez. Adamsberg ne saurait dire s’il est ravi ou inquiet de la présence d’un tel collègue, qui a deux particularités, et l’une provient de l’autre : il a été passé à tabac et laissé pour mort trente ans plus tôt, attaqué par des jeunes de Caldhez sans raison apparente ; il a une chevelure tigrée, mi-brune mi-rousse, qui lui donne un charme indéniable, qui ne laisse pas indifférent Camille, l’ex de Adamsberg.  Enfin, ce Veyrenc débite à longueur de journée des vers en douze pieds, de Racine ou de sa propre inspiration, comme d’autres descendent des canettes de bière. Rien de très rassurant.

La brigade a pour charge d’enquêter sur un double meurtre étrange commis porte de la Chapelle, deux truands dealers qui se sont fait trancher la gorge. La nature des entailles permet d’affirmer, selon la légiste, que le criminel est certainement une femme. D’environ 1,62 mètre. Qui cire ses chaussures en cuir bleu jusqu’aux semelles. Détail étrange et rare, qui s’explique par la volonté de ne pas être en contact avec le sol de ses crimes. Or il se trouve qu’une femme de soixante-quinze ans, condamnée à perpétuité il y a quelques années suite à une enquête menée par Adamsberg, s’est échappée d’une prison allemande en massacrant son gardien. Elle avait pour habitude de tuer les petits vieux, elle en avait trente-trois à son actif. Serait-ce elle qui commettrait ces nouveaux crimes ? Qui, par ailleurs, commandite des hommes de main pour déterrer des cadavres, à Montrouge comme en Haute-Normandie ? Qui laisse quelques infimes traces de cirage bleu près de ses crimes ?

Et quel rapport avec des massacres atroces de cerfs dans les forêts de cette même Normandie ?

Comme son voisin Lucio le disait un jour à Adamsberg, « Des fois, ça me gratte. Ça me gratte sur mon bras manquant, soixante-neuf ans plus tard. A un endroit bien précis, toujours le même, dit le vieux […]. Ma mère savait pourquoi : c’est la piqûre de l’araignée. Quand mon bras est parti, je n’avais pas fini de la gratter. Alors elle me démange toujours. […] C’est tout simple, c’est que le sentiment n’a pas fini sa vie. Et si on meurt avant d’avoir finir de vivre, c’est pareil. Les assassinés continuent à traîner dans le vide, des engeances qui viennent nous démanger sans cesse ».

Se pourrait-il que le commissaire Adamsberg coure après une ombre ?

Un excellent polar que celui-ci. Je vous le conseille vivement. Il m’a donné envie de lire les autres « rompols » de Fred Vargas.

Nouvelle beta de Google Chrome


logo-google-chrome-navigateur-webLe navigateur de Google progresse par petits pas. Depuis ce mercredi 5 août 2009, une nouvelle bêta est disponible en version 3.0.195.4, uniquement pour Windows (télécharger Chrome 3.0.195.4). Il s’agit d’une édition intégrant de nouvelles fonctions par rapport à la version finale 2.0, et que Google a estimé suffisamment stable pour la proposer en téléchargement au plus grand nombre sur sa page spéciale. La dernière bêta de Chrome remontait au 23 juillet dernier (v 3.0.193.2).

Cette nouvelle édition de Chrome comprend une gestion améliorée des onglets, une nouvelle omnibox (la barre d’adresse « intelligente » de Chrome) et la prise en charge des thèmes, dont les premiers exemplaires viennent d’être livrés.

Chrome 3.0 (et ses déclinaisons ultérieures) a en outre un avantage capital sur la version 2.0 stable du navigateur : la rapidité. Selon Google, le gain s’élève à 30 %.

Une autre version, plus récente mais moins stable, de Chrome (pas seulement pour Windows mais aussi pour Mac et Linux) est aussi disponible sur ce que Google appelle le Dev Channel(l’équivalent d’une version alpha). Les risques de dysfonctionnements et de plantages sont là beaucoup plus importants. Pour télécharger cette version, c’est ici :
Télécharger Chrome 3.0.196.2 pour Windows
Télécharger Chrome 3.0.196.2 pour Mac
Télécharger Chrome 3.0.196.2 pour Linux

Snow Leopard en précommande


C’est enfin officiel ! Mac OS X Snow Leopard est désormais disponible en pré-commande avec ses tarifs très agressif. Seul bémol, pour l’instant la pré-commande de Snow Leopard est ouverte sur la version américaine du site Amazon. Contrairement à Microsoft, il semble qu’il n’y ait pas d’entourloupe vis à vis des tarifs du nouvel OS. En effet Apple a bien annoncé que le système d’exploitation 129 dollars contre 29 dollars si l’on possède déjà Mac OS X Leopard. Les tarifs d’Amazon sont correctes et propose 4 prix différents en incluant notamment la version familiale qui permet d’installer le système sur 5 postes différents ou bien même en incluant la suite iLife et iWork. Désormais reste à savoir dans combien de temps les pré-commandes seront disponible pour la France. De plus Apple doit communiquer la date de sortie officielle de l’OS.