Ne le dis à personne

film2Long-métrage français. Genre : Thriller
Durée : 2h05 min Année de production : 2006

Réalisé par Guillaume Canet
Avec François Cluzet, André Dussollier, Marie-Josée Croze. D’après le roman Tell No One de Harlan Coben

Ce film a été lauréat de quatre César en 2007 : meilleur réalisateur, meilleur acteur (François Cluzet), meilleur montage et meilleure musique. Rien que ça.

Voyons un peu le synopsis : Sa femme Margot a été sauvagement assassinée par un serial killer. Totalement détruit, Alex ressasse jour après jour le souvenir bouleversant de son amour perdu.

Huit ans ont passé. Alex reçoit un e-mail anonyme. Il clique : une image ? Le visage d’une femme au milieu d’une foule, filmé en temps réel. Celui de Margot ?

J’avais particulièrement apprécié Mon Idole, le premier film de Guillaume Canet. Sorte de tragi-comédie déjantée et décadente, avec en particulier un extraordinaire François Berléand en sexy bunny.

Préparez-vous, dans ce second film, à être scotchés à votre fauteuil. Si, lorsqu’il commence, rien ne laisse entrevoir un tel choc, c’est parce que tout est calme et paisible. Un groupe d’amis partage une soirée, il règne une ambiance chaleureuse et détendue, la musique nous envoûte et nous berce, il y a de l’amour dans l’air… on y est presque. Alex aime Margot, Margot aime Alex, et le bonheur est palpable.

A l’issu d’une baignade nocturne et romantique, c’est le drame. Margot est assassinée sauvagement. Pourquoi ? comment ? Nous n’en savons rien. Un saut dans le temps nous expédie huit ans plus tard, avec les mêmes questions sans réponses. Des questions que se pose toujours Alex qui ne supporte pas de vivre sans Margot, et vit en apnée depuis la mort de sa chère et tendre. Et puis, alors que le huitième anniversaire de sa disparition approche, Alex reçoit un mail étrange…

A partir de cet instant, prenez une grande respiration, car cette intrigue va devenir votre propre enquête !

Les images se bousculent dans un labyrinthe de soupçons. La musique de Matthieu Chedid nous entraîne dans une course à la vérité sombre et envoûtante. Nous sentons que nous sommes en train de nous enfoncer dans un tourbillon glauque et sanglant digne des plus grands films noirs ! L’atmosphère est pesante, et on y croit, on s’accroche à ce personnage qui est guidé par cet amour plus fort que tout.

François Cluzet nous donne à voir certainement son plus grand rôle, plein d’émotions sans jamais tomber dans le larmoyant. Le film nous offre un homme bouleversé mais animé par un sentiment profond d’amour. Mais ici, pas de romantisme à l’eau de rose, juste une motivation profonde. Il y croit, et il court, il court poussé par cette guitare baryton, qui résonne en nous, et nous met sous tension.

On retiendra bien sûr cette traversée du périphérique dans laquelle se lance Alex.

Les fans du bouquin ne retrouveront pas tous les détails, ils seront transportés de New-York à Paris, avec une histoire un peu chamboulée, un puzzle mélangé, mais qui fonctionne parfaitement ! Les pièces ont retrouvé leur nouvelle place, guidées par un réalisateur qui a bel et bien fait ses preuves. Plus qu’une adaptation, c’est une atmosphère que Guillaume Canet nous offre ici. Ce thriller nous entraîne, nous submerge, et nous plait parce qu’il nous heurte et nous choque. Un excellent film.

Dette publique

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Uncharted 2

Trois ans après sa sortie, la PS3 commence enfin à avoir un lot d’exclusivités respectable. Entre MotorStorm, Resistance, Killzone et quelques autres bons élèves, la machine de Sony est parvenue à se forger une identité basée sur de nouvelles licences, afin de marquer une certaine rupture avec le catalogue de la PlayStation 2. Un renouvellement appréciable, mais qui n’a pas encore permis à la machine d’accueillir un grand jeu, celui qui allait mettre tout le monde d’accord. Une longue attente qui va bientôt prendre fin, avec la sortie de Uncharted 2 : Among Thieves, le bijou de Naughty Dog.

German Pussy

Le buzz de la semaine, c’est le clip de Rammstein immédiatement censuré, German Pussy, sorte d’hommage aux pornos allemands des années 80. Le hic, c’est que musicalement c’est tout juste moyen, Rammstein a fait beaucoup mieux dans le passé, du temps bien évidemment de Sehnsucht, mais aussi et plus récemment du temps de Mutter ou Reise Reise. Il reste que ce morceau, légèrement provocant, sur fond de drapeau teuton, a tout pour plaire au buzz médiatique, qui n’en demandait pas tant. A voir, jusqu’au bout, et à la condition d’avoir 18 ans.

Le clip est visible à cette adresse.

Sehnsucht

Sehnsucht est l’album qui a fait connaître Rammstein au plan international. On y re trouve un style semblable à celui d’Herzeleid mais avec un son de meilleure qualité, un clavier électro nettement plus travaillé et une atmosphère plus aérienne.

Si ce style néo-métal indus ne vous sied pas a priori, je vous invite à écouter quatre chansons de cet album, dans l’ordre suivant : Engel / Tier / Klavier / Du Hast, et après on en reparlera. Le groupe arrive aussi bien à jouer dans un registre ravageur qu’atmosphérique, ce qui est une qualité tout à fait exceptionnelle. Mais tout cela ne serait pas grand-chose sans les envolées (j’ose à peine le dire…) lyriques de Till Lindeman. Le chant en allemand est toujours aussi guttural et quasi primitif.

Il y a enfin toujours un très grand jeu sur l’ambigüité. Ambigüité sexuelle, morale, éthique, politique évidemment. Qu’on aime ou pas Rammstein et leur musique, Sehnsucht aura au moins permis de démocratiser un peu le style industriel et de franchement renouveler le monde du métal, engourdi jusqu’alors. Un très grand album, peut-être le seul à posséder indispensablement dans ce style musical.

Le Chat à neuf queues

Le Chat à neuf queues est un giallo de Dario Argento.

En rentrant chez lui, un aveugle, Franco Arno, accompagné de sa petite nièce, entend la conversation de deux hommes dans une voiture. Peu de temps après, dans le centre de recherche en génétique qui se trouve près de chez lui, un cambriolage a lieu. Puis un des savants trouve la mort en tombant sous un train. Carlo Giordani, journaliste, reçoit la visite de Franco Arno. Celui-ci lui demande d’appeler le photographe qui a pris la photo de la tragédie du train afin qu’il l’examine plus attentivement. Le photographe découvre avec stupeur que le savant a été poussé volontairement. Il se fait étrangler au même moment par le mystérieux tueur. Le journaliste et l’aveugle décident de mener leur propre enquête, une enquête complexe, un chat à neuf queues, avec neuf pistes possibles à examiner…

Deuxième film de Dario Argento, le Chat à neuf queues (ce titre énigmatique est expliqué dans le film) est un excellent giallo sorti en salles en 1971. Il met en scène l’enquête journalistico-policière à laquelle se livrent le journaliste Carlo Giordani et un aveugle, interprété par Karl Malden. Suite au cambriolage d’un laboratoire où rien n’a été volé, les deux héros tentent de découvrir l’identité d’un tueur en série. Qui peut bien être l’auteur des crimes commis ?

Tous les protagonistes semblent être reliés par une chose, la nature des travaux menés par ces chercheurs au sein du laboratoire : ils travaillaient sur le gène X.Y.Y. qui, selon eux, se retrouveraient chez les personnes enclines à la violence et à la criminalité.

Dario Argento se fait fort de brouiller d’innombrables fois toutes les pistes, de telle sorte qu’il est bien difficile de se faire une idée de l’identité du tueur, ou de la tueuse. Ce qui est d’autant plus angoissant que la caméra subjective nous invite à nous mettre dans la peau de celui-ci à de nombreuses reprises. Le tout réhaussé par la musique impressionnante d’Ennio Morricone, bien sûr.

Par conséquent, le Chat à neuf queues est, comme l’instrument de torture que les pirates utilisaient jadis, un thriller tortueux et maléfique, génial et stimulant. Un “petit” film dans la carrière d’Argento, mais qui équivaut au summum de tant d’autres réalisateurs.

L’Homme du lac

L’Homme du lac est un roman de l’Islandais Arnaldur Indridason. Le commissaire Erlendur, spécialiste des enquêtes liées aux disparitions, va devoir découvrir pourquoi, un beau jour de printemps, un squelette datant d’il y a trente ans a été retrouvé au fond du lac de Kleifarvatn.  Squelette qui plus est non « ordinaire », si tant est que ce mot ait un sens pour un squelette. Son crâne est fendu d’une importante entaille verticale, témoignage d’une mort violente. Un marteau ? Un autre objet contondant ? Nul ne le sait. Enfin, le squelette était lesté à un appareil de transmission dont les lettres étaient effacées. Mais quelques lettres restent plus ou moins lisibles. C’est de l’alphabet cyrillique. Un appareil de transmission soviétique en Islande ? Pour quoi faire ? Il n’y a jamais eu d’espionnage, quel qu’il soit, en Islande, d’après le gouvernement du pays comme d’après les sources policières.

Erlendur va devoir enquêter sur les disparitions des années soixante. De Ford Falcon en ambassades, cette quête le mènera jusqu’à se pencher sur le passé d’étudiants communistes islandais des années cinquante, partis, sous les bons auspices du Parti, étudier à l’université de Leipzig, en RDA. Et qui en sont revenus, comment dire, changés. Les meilleures recrues du Parti socialiste islandais, les dirigeants de demain, une fois revenus de RDA ont abandonné tout engagement politique.

Arnaldur Indridason a deux particularités. Tout d’abord il est Islandais, et nous fait découvrir le pays des fjords et des geysers par essence fort méconnu sous nos latitudes. Le polar suédois (Henning Mankell, Stieg Larsson) est devenu un mainstream incontournable, qui nous permet de mieux connaître la social-démocratie suédoise de Stockholm (où se déroule l’intrigue principale de Millenium) comme celle de Scanie (Sud du pays, qui abrite les enquêtes de Kurt Wallander).  Nous connaissons en revanche bien plus mal la petite île nordique, ni scandinave ni européenne, qu’est l’Islande. Ce petit coin de terre peu habité, rural et pauvre jadis, urbain et relativement opulent de nos jours. L’autre particularité d’Indridason, c’est le sens qu’il donne à ses romans. L’enquête policière n’est chez lui qu’une sorte de prétexte à une réflexion souvent féroce sur la société islandaise, ses dérives et ses travers. Plus qu’à un travail de romancier, Indridason fait référence à un travail de sociologue, d’historien et de journaliste. Qu’est-ce que l’engagement ? Quels étaient les idéaux des jeunes communistes des années cinquante ? Que faisait la Stasi en RDA à cette époque (et plus tard, voir par exemple La Vie des autres) ? Quelle attitude a eu la police politique face aux étudiants qui sympathisaient avec ce qui deviendra l’invasion de Budapest par les chars soviétiques en 1956 ? Face aux sympathisants de ce qui sera le Printemps de Prague ? Y a-t-il eu ou non un espionnage croisé (pour le compte de l’URSS / pour celui des Etats-Unis) en Islande, comme un peu partout ailleurs dans le monde ? Quels en étaient les enjeux ?

Au final, L’Homme du lac parle d’une histoire d’amour. Avorté.  Entre un jeune idéaliste islandais, Tomas, espoir du Parti socialiste, et une militante hongroise, Ilona, qui tient un discours nettement plus en faveur du respect des libertés individuelles, et en particulier de la liberté d’expression. Tout était fait pour les unir, excepté la Stasi, et son bras séculier au sein de l’université, Lothar. Excepté aussi la géniale invention dictatoriale de la surveillance réciproque, qui faisait que chaque citoyen de RDA se devait de dénoncer n’importe laquelle de ses connaissances suspecte de non-alignement avec la doctrine officielle du Parti. Un enfant devait dénoncer ses parents, une femme son mari, un étudiant son prof.

Une époque étrange, injustement peu décriée en France, qui ne vaut pas mieux que les pires moments du nazisme. C’est de cela dont parle le roman d’Indridason.

Krystal System “Demain n’existe pas”- V-jing for lives

Dans les bois éternels

Dans les bois éternels, un roman noir de Fred Vargas

Il y a les positivistes, et les pelleteurs de nuages. Il y a ceux qui croient dur comme fer à la logique infaillible de la science, et il y a ceux qui se fient à leur intuition. Il y a ceux qui fondent les enquêtes policières sur des faits avérés, des déductions logiques, et il y a ceux qui font vagabonder leur esprit et leur imagination afin de comprendre ce qui s’est passé. Le commandant Danglard de la Criminelle est un excellent exemple de ces positivistes. Il y en a d’autres dans la brigade. Le commissaire Adamsberg, dont le nom n’a rien de suédois, il vient des montagnes Béarnaises et de la vallée de Pau, le village de Caldhez, est un pelleteur hors pair.

La brigade, composée de vingt-sept policiers, a pour mission d’enquêter à Paris sur les crimes commis par des individus.  Elle vient de recevoir le renfort du lieutenant Veyrenc, ou plutôt Veyrenc de Bilhc,  qui est lui aussi Béarnais, originaire de Laubazac, village très proche de Caldhez. Adamsberg ne saurait dire s’il est ravi ou inquiet de la présence d’un tel collègue, qui a deux particularités, et l’une provient de l’autre : il a été passé à tabac et laissé pour mort trente ans plus tôt, attaqué par des jeunes de Caldhez sans raison apparente ; il a une chevelure tigrée, mi-brune mi-rousse, qui lui donne un charme indéniable, qui ne laisse pas indifférent Camille, l’ex de Adamsberg.  Enfin, ce Veyrenc débite à longueur de journée des vers en douze pieds, de Racine ou de sa propre inspiration, comme d’autres descendent des canettes de bière. Rien de très rassurant.

La brigade a pour charge d’enquêter sur un double meurtre étrange commis porte de la Chapelle, deux truands dealers qui se sont fait trancher la gorge. La nature des entailles permet d’affirmer, selon la légiste, que le criminel est certainement une femme. D’environ 1,62 mètre. Qui cire ses chaussures en cuir bleu jusqu’aux semelles. Détail étrange et rare, qui s’explique par la volonté de ne pas être en contact avec le sol de ses crimes. Or il se trouve qu’une femme de soixante-quinze ans, condamnée à perpétuité il y a quelques années suite à une enquête menée par Adamsberg, s’est échappée d’une prison allemande en massacrant son gardien. Elle avait pour habitude de tuer les petits vieux, elle en avait trente-trois à son actif. Serait-ce elle qui commettrait ces nouveaux crimes ? Qui, par ailleurs, commandite des hommes de main pour déterrer des cadavres, à Montrouge comme en Haute-Normandie ? Qui laisse quelques infimes traces de cirage bleu près de ses crimes ?

Et quel rapport avec des massacres atroces de cerfs dans les forêts de cette même Normandie ?

Comme son voisin Lucio le disait un jour à Adamsberg, « Des fois, ça me gratte. Ça me gratte sur mon bras manquant, soixante-neuf ans plus tard. A un endroit bien précis, toujours le même, dit le vieux […]. Ma mère savait pourquoi : c’est la piqûre de l’araignée. Quand mon bras est parti, je n’avais pas fini de la gratter. Alors elle me démange toujours. […] C’est tout simple, c’est que le sentiment n’a pas fini sa vie. Et si on meurt avant d’avoir finir de vivre, c’est pareil. Les assassinés continuent à traîner dans le vide, des engeances qui viennent nous démanger sans cesse ».

Se pourrait-il que le commissaire Adamsberg coure après une ombre ?

Un excellent polar que celui-ci. Je vous le conseille vivement. Il m’a donné envie de lire les autres « rompols » de Fred Vargas.

Nouvelle beta de Google Chrome

logo-google-chrome-navigateur-webLe navigateur de Google progresse par petits pas. Depuis ce mercredi 5 août 2009, une nouvelle bêta est disponible en version 3.0.195.4, uniquement pour Windows (télécharger Chrome 3.0.195.4). Il s’agit d’une édition intégrant de nouvelles fonctions par rapport à la version finale 2.0, et que Google a estimé suffisamment stable pour la proposer en téléchargement au plus grand nombre sur sa page spéciale. La dernière bêta de Chrome remontait au 23 juillet dernier (v 3.0.193.2).

Cette nouvelle édition de Chrome comprend une gestion améliorée des onglets, une nouvelle omnibox (la barre d’adresse « intelligente » de Chrome) et la prise en charge des thèmes, dont les premiers exemplaires viennent d’être livrés.

Chrome 3.0 (et ses déclinaisons ultérieures) a en outre un avantage capital sur la version 2.0 stable du navigateur : la rapidité. Selon Google, le gain s’élève à 30 %.

Une autre version, plus récente mais moins stable, de Chrome (pas seulement pour Windows mais aussi pour Mac et Linux) est aussi disponible sur ce que Google appelle le Dev Channel(l’équivalent d’une version alpha). Les risques de dysfonctionnements et de plantages sont là beaucoup plus importants. Pour télécharger cette version, c’est ici :
Télécharger Chrome 3.0.196.2 pour Windows
Télécharger Chrome 3.0.196.2 pour Mac
Télécharger Chrome 3.0.196.2 pour Linux

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